Santé Mentalité

Créons des liens pour faire du bien. Se réaliser dans l'existence, c'est demeurer et devenir soi

Conseils en affaires et leçons de vie : rencontre avec Danièle Henkel

cr.-Michel-Cloutier-Daniele_henkel

(Par Hella Ahmed) L’entrepreneuriat est dans l’air du temps et les gens qui ont su nous marquer avec leur cran et la solidité de leur démarche ont beaucoup de choses à nous apprendre. Parmi eux, une voix familière qui s’est fait une place dans le cœur de beaucoup de gens après les avoir charmé avec son regard expert au niveau des affaires, Mme Danièle Henkel qui ne manque pas d’admirateurs.

Avec la parution de son deuxième livre «Au cœur de mes valeurs», elle a ouvert la porte à des réflexions qui nous touchent. C’est sans détour, avec tact, fermeté et humanité à la fois, qu’elle livre ses messages tout en se racontant.

Il y a de ces textes qui durent en longueur et qui abordent des détails personnels à vous faire perdre l’attention et l’envie de continuer la lecture, mais avec les récits de Danièle, c’est différent, c’est comme une tempête dans la bonne direction. Elle secoue, mais après son passage, ce n’est ni confusion ni besoin de reconstruction, c’est un ménage intérieur qu’elle instigue en vous remuant avec bonne intention. Pour ce, elle vous invite à explorer avec elle le chemin de sa vie, ses pas et ses émotions, ses vécus et ses leçons.

Avec son histoire, elle rend hommage à la passion, à la volonté de survivre à toutes épreuves pour léguer plus qu’une vérité personnelle, mais des traces qui serviront à d’autres générations. Il n’y a pas que l’argent qui compte pour moi, me dit-elle, durant un échange avec beaucoup d’émotion. Le respect, c’est apparemment sacré.

Les émotions, elle en parle sans retenue, elle parle de la peur qui est devenue son amie, d’amitiés qui ne se perdent pas, de la famille au centre de soi, de l’immigration, de son succès de femme d’affaires dans un monde qui a encore à changer sa façon de considérer la réussite féminine.

À chaque chapitre, que ce soit directement ou entre les lignes, elle revient sur le privilège d’être en vie.

Avant de lire son deuxième livre, j’ai parlé à la dame. C’est ainsi, il y a des gens intrigants qui vous appellent à eux par leur présence et la singularité de leur démarche. J’ai posé des questions pour transférer des connaissances, mais, elle m’a aussi dit : «je veux vous laisser dire ce que vous avez à dire».

Le leadership positif, c’est un peu ça, n’est-ce pas? C’est collaborer dans le respect et créer l’unique par l’échange d’expertise et le croisement des horizons.

Nous avons parlé entrepreneuriat et intuition en affaires, de féminin dans un monde où les affaires se brassent encore majoritairement entre hommes, de santé mentale et de recentrement, et puis de ce qu’il y a de plus important, de valeurs, de fondations et de respect.

H.A –  Je voulais qu’on se parle d’entrepreneuriat et de feeling. Quand on est entrepreneur(e) ou qu’on veut se lancer en affaires, que faut-il chercher comme soutien? Et quelle est la place de l’intuition telle que vous en parlez?

D.H – Nous avons tout un chacun besoin à un moment donné, et peut-être plus souvent pour certains, surtout au démarrage d’entreprise, d’aller voir ce qui se passe ailleurs, c’est-à-dire de poser des questions à des gens qui ont peut-être vécu différentes expériences à différents moments de leur vie professionnelle. Nous avons cependant généralement tendance à aller vers des gens qui ont les mêmes connaissances dans le domaine qui nous concerne.

On ne pensera pas, par exemple, que moi, si je suis dans le monde de la santé, je puisse aller me renseigner auprès de quelqu’un dans le monde de la technologie, pourtant c’est ce que je fais, parce que même si ce sont deux domaines totalement différents, les personnes à la tête de ces expériences-là se ressemblent. C’est un produit comme un autre qui va peut- être m’apporter un volet que je n’ai pas dans mon monde à moi.

C’est important de sortir de sa zone de confort, d’aller poser des questions, de chercher des opinions et même de se faire accompagner par des mentors qui ne sont pas toujours du même domaine, mais qui ont les mêmes valeurs et qui ont une sensibilité similaire pour être capable de connecter.

En ce qui concerne l’intuition, on devrait s’écouter plus. Le fait de s’écouter, c’est donc de se connecter, de prendre un temps d’arrêt, ne serait-ce que cinq minutes de temps en temps, pour voir comment on se sent dans une situation x y ou z. C’est par exemple de se demander : «comment j’ai ressenti cette transaction ou cette réunion?».

Généralement, le lien qu’on fait entre le côté cartésien et le côté du cœur, c’est ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. Il faut qu’il y ait un équilibre entre les deux : «oui, ça fait du sens de façon logique, mais est-ce que je me sens à l’aise avec ça?». Parce que ça peut faire du lien logique sans forcément dire que ce sera bon pour moi. C’est important de s’écouter, de se faire confiance.

Ça revient vers soi, si on se connait un peu, si on est capable de savoir quelles sont nos propres valeurs, on saura si on connecte avec l’autre. C’est par l’observation et par le ressenti que nous comprenons que nous avons les mêmes valeurs que l’autre ou pas.

Pour moi, le respect, c’est très important. Ce n’est pas que l’argent qui compte pour moi, c’est la longévité d’une entente qui compte. C’est important de se poser ces questions : «est-ce qu’on est sur la même longueur d’onde, est-ce qu’on a les mêmes valeurs».

H.A – Le milieu des affaires est essentiellement un milieu d’hommes, dans votre expérience personnelle, comment avez-vous vécu cette réalité? 

 D.H – Dans mon expérience personnelle, j’ai vécu cela comme toutes les femmes qui ont continué à vivre. Ce n’est pas toujours évident pour nous pour plusieurs raisons.

Il ne faut pas penser que c’est toujours la faute des hommes, c’est aussi en lien avec la façon dont les femmes se positionnent. C’est comment on se présente. On ne se tient pas assez, nous les femmes.

Les hommes ont ce fameux «boys club», quand il y en a un qui a mal, il y en a dix qui se lèvent pour dire : «qu’est-ce que tu as?». Quand une femme vient de se faire rabrouer en pleine réunion ou qu’elle vient de se faire mettre dehors pour une raison autre que celle de ne pas avoir été compétente, je vois mal des femmes dire : «qu’est ce qui s’est passé ?». Pourquoi est- ce qu’on réagit comme ça? Pourquoi est-ce qu’on ne se tient pas?

À compétence égale et à vouloir égal, comment on prend sa place et comment on reflète ce que l’on veut? Parfois la femme a aussi besoin de savoir que si elle a un poste ou un projet qui lui tient à cœur, il faut qu’elle le porte. Il n’y a personne qui va le porter pour elle. Quand la femme est assez confiante en elle pour dire : «il n’y a personne qui va venir en travers de mon chemin parce que c’est ça que je veux», la plupart du temps les gens vont se tasser.

C’est ce que vous allez refléter de ce que, vous, vous voulez qui va faire que les autres vont respecter ce que vous êtes. Ce ne sera pas facile, mais on aura au moins la satisfaction de dire : «je sais ce que je veux, j’ai suffisamment confiance en moi pour dire ce que je veux faire et je vais le faire avec les gens qui vont vouloir m’accompagner dans le respect».  

H.A- Les gens qui souffrent de dépression peuvent se sentir plus vulnérables quand il y a moins de lumière par exemple durant l’hiver. Quelles pensées peuvent aider à passer au travers des idées noires ou de la détérioration de l’humeur? 

 D.H – Les saisons ne s’arrêteront pas, nous avons choisi de vivre dans un pays nordique, il faut donc essayer de puiser dans les magnifiques choses qui nous entourent comme la nature, mais aussi nos familles ou notre travail.

Sommes-nous capables de tout simplement nous recentrer sur les choses qui nous apportent chaque jour un peu de bonheur? C’est de se lever le matin, de voir son enfant, de le prendre dans ses bras et de dire : «je t’aime mon cœur». C’est aussi de se lever le matin avec un conjoint ou une conjointe et de dire : «merci de m’accompagner».

C’est aussi tout simplement de se lever seul le matin et de dire : «merci la vie de m’avoir donné la force encore de me relever et de trouver la beauté du fait que je sois vivant, que je sois capable de me lever et de continuer ce que j’ai envie de faire. Merci de m’accorder ce privilège».

Il faut se raccrocher à chaque jour aux petites choses, aux petits bonheurs. On parle toujours du grand bonheur, mais ça n’existe pas. Le grand bonheur, c’est une multitude de petits bonheurs au quotidien.

H.A- En jetant un regard sur notre héritage, quel qu’il soit, comment rester positif et continuer à se réaliser envers et contre tout?  

 D.H – Nos aînés, nos parents, nos grands-parents, nos oncles, nos tantes, ils ne sont définitivement pas parfaits. Dans la plupart des cas, ils ont fait de leur mieux et avec les moyens qu’ils avaient. Le plus important aujourd’hui, c’est de prendre nos fondations et de les amener ailleurs, mais de se rappeler d’abord que si on a la vie, c’est parce qu’on nous l’a donnée.

Ils ont partagé du mieux qu’ils pouvaient, donc à un moment donné, il faut se rappeler que c’est bon de revenir à la source parce que ça va être un jour notre tour à nous aussi, on vieillit nous aussi, on devient nous aussi des personnes âgées.

On va nous aussi voir nos enfants et nos petits-enfants grandir et comme ça ferait du bien d’avoir su leur démontrer au départ que le respect que nous allons recevoir au moment où nous en aurons besoin, c’est celui que nous aurons su donner à nos aînés.

* Si vous avez aimé ce dossier, visitez la page Facebook pour faire un like. 

Copyright © 2013 – 2017 Santé Mentalité – Tous droits réservés – sante.mentalite@hotmail.ca

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :