Le parent sacrifice et la violence de l’éducation

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Certains parents font porter le poids de leur malheur et de leurs souffrances existentielles à leurs enfants. Ils justifient des erreurs par leurs personnages sacrifice, selon la logique qu’ils exposent qui invoque que tout ce qui compte est le bonheur de leurs enfants.

On voit chez ces personnes qui aiment la dramatisation l’utilisation régulière de l’expression « c’est toujours de ma faute » pour se mettre dans la position de victime et éviter les critiques ou la confrontation, ainsi bloquer l’assertivité ou la rébellion de la personne en face.

C’est aussi, en fait, une façon de totalement contrôler les réactions des enfants, grâce au chantage émotionnel qui implique honte et culpabilité, ainsi que des anxiétés provoquées et alimentées par ses thèmes omniprésents dans la dynamique du système. Dans des cas plus extrêmes où la violence physique est instaurée comme norme éducative, la terreur et la menace physique sont des moyens de contrôle mental et physique.

La terreur peut aussi être liée à des culpabilisations basées sur des prédictions farfelues mais très inquiétantes, comme par exemple : si tu n’obéis pas à ce que je te demande de faire, ou si tu n’adhères pas à la pensée que je t’oblige à intérioriser comme la tienne, il y aura dans un futur proche ou lointain la maladie ou le décès de l’un de nos proches aimés par ta faute, par la faute de ta désobéissance au bons sens.

Pourquoi cette vénération de la position de victime chez ces parents qui se disent s’effacer pour leurs enfants ou même carrément ne plus réellement exister depuis leur naissance? Pourquoi disent-ils aimer se sacrifier en pensant qu’il soit bon de responsabiliser leurs enfants « pour le meilleur et pour le pire »?

Responsabiliser ses enfants pour son malheur

L’ambivalence dans l’éducation, dans le ressenti, dans les réponses et les réactions des parents est la pire des tortures mentales pour l’enfant et l’adolescent ainsi que l’adulte encore à moitié conscient des mauvais traitements qu’il n’avait pas et n’a pas à subir. Un adulte peut être à moitié conscient d’actes violents qu’il n’avait pas et n’a pas à considérer comme étant des sacrifices pour lui quand ils ne représentent en fait que des actes d’agression contre lui.

Des parents sacrifice ont pu subir de la violence physique et/ou psychologique au niveau de leur éducation et ont vécu en partie dissociés de leur douleur avec la certitude que pour survivre il faille avoir l’air fort et donc responsabiliser les autres pour ses vulnérabilités.

Éviter tout reproche en jouant la carte de la victime, celle que l’on veut accuser à tort, celle que l’on prend pour un bouc émissaire, mais qui pourtant aime jouer le rôle du dit bouclier, devient une porte de sortie facile à prendre pour le parent qui a une vision limité de ce que peut être la liberté.

« Tout ira bien, si ça va bien pour mes enfants », ça veut aussi dire : « tout ce que je ferais ou ne ferais pas ne sera pas de ma responsabilité mais de la leur puisque c’est pour leur bonheur ». Mais qu’en est-il de leur réel bonheur?
Les enfants ne décident de rien, ils sont soumis à la volonté de leurs parents. Évidemment, les parents bienveillants feront des choix alignés avec les besoins réels de leurs enfants et veilleront à leur bien-être. Les parents abusifs contrôleront quant à eux leurs enfants, les maltraiteront et leur infligeront, pour certains, du châtiment corporel en affirmant que c’est pour leur bien.

Aussi, certains parents ont mis de côté des rêves ou des désirs, des objectifs de vie, que ce soit au niveau professionnel, sentimental ou de la santé. C’est donc plus pratique, quand on refoule, de responsabiliser les enfants pour la perte de ces choses que l’on n’ose plus espérer. Ils justifient d’avoir abandonné en soulignant des sacrifices pour les enfants alors qu’ils vivent des blocages et préfèrent la facilité de ne pas faire de bruit avec ce qui est compliqué ou risque de devoir se remettre en question et faire face à ses vulnérabilités et sa détresse enfouie ou déguisée.

Identités croisées et liberté brimée

Le sacrifice n’en n’est pas toujours un, ce n’est parfois qu’un prétexte plus facile à gérer que la vérité dérangeante que l’on préfère oublier. La liberté de vivre ce que l’on désire a un prix, mais quand on n’est pas prêt à le payer on se cache derrière ce que l’on dit considérer comme étant le plus sacré, soit le bonheur des enfants.

Bien que ces parents ne travaillent pas essentiellement à culpabiliser ouvertement leurs enfants vis-à-vis de leurs souffrances existentielles, leurs frustrations, et leurs carences affectives lorsqu’ils s’empêchent de vivre une nouvelle relation amoureuse épanouissante par exemple, ils les culpabilisent tout de même en les responsabilisant de leur malheur.

Les enfants entendent et ressentent ce qui se passe, même si tout semble parfait selon les plans des parents, ils pourront développer des souffrances psychologiques liées à leur identité dont on semble vouloir contrôler la construction et l’intégration, et de façon malsaine.

À trop teinter l’identité de son enfant de la sienne, on transfert ses angoisses, ses frustrations, ses déceptions, ses désirs refoulés et ses quêtes masquées à des êtres qui ne sont pas là pour tout absorber et vivre à moitié leurs propres émotions et sentiments, et ça ne peut que finir par mal aller.

Entre amour et abus 

Malgré leur personnage sacrifice, certains parents s’occuperont bien de leurs enfants, ils prendront bien soin d’eux, ils feront tout pour diminuer leurs angoisses et leur offrir le confort et les privilèges d’une bonne vie.

D’autres parents auront quant à eux des sentiments mitigés ou même contradictoires vis-à-vis de leurs enfants. Ils les utiliseront lorsqu’ils estimeront cela nécessaire pour susciter de la sympathie ou ne pas avoir à fournir des explications relativement à une situation délicate par exemple. Il n’y a rien de plus puissant que l’innocence et le sourire d’un enfant pour transformer la bavure d’un parent en sacrifice aux yeux des gens et remplacer une sombre réalité par l’image de la beauté.

Aussi, le psychopathe, le parent abusif et violent, le stratège sans scrupule et le pervers narcissique dissimulés sous la façade du bon parent sacrifice, n’hésitent absolument pas à mettre leurs enfants en scène pour arriver à leurs fins.

Se venger de ses enfants perçus comme responsables de son malheur

À force de ressasser ce discours de sacrifice, des parents se persuaderont eux-mêmes que leurs enfants sont vraiment responsables de leur malheur pour développer une certaine agressivité vis-à-vis d’eux. Ils deviendront  pour certains violents psychologiquement et physiquement. Plus tard, lorsque les enfants commenceront à avoir des victoires, ils seront réticents à cet éveil et mesquins. Ils les empêcheront de ressentir de la fierté et d’en profiter.

Des parents deviendront jaloux et travailleront à saboter le cheminement de leurs enfants pour qu’ils ne puissent pas réaliser leurs rêves. Ils les garderont sous emprise et utiliseront toutes les stratégies possibles pour les rendre impuissants et les empêcher d’avoir du plaisir et du bonheur dans la vie. C’est en leur faisant vivre des angoisses catastrophiques et en les culpabilisant dès le plus jeune âge qu’ils arriveront à assoir ce pouvoir pervers sur eux.

Ils continueront, en étant eux-mêmes souffrants et malheureux, leur travail de destruction lorsque leurs enfants seront adultes, en salissant leur réputation, en les mettant dans des situations embarrassantes, en les poussant à suivre sous l’effet du chantage émotionnel des directives destructrices qui causeront des dommages irréparables ou difficiles à réparer et ils s’en laveront les mains devant les faits accomplis.

Ils travailleront à les isoler et utiliseront le gaslighting pour les manipuler, les persuader d’un manque de jugement et les garder dociles et abattus. Ils feront le bilan de la vie insatisfaisante de cet enfant difficile devenu un adulte triste et stigmatisé inaccompli pour l’accuser d’avoir tout raté, car il n’a pas bien écouté ce que papa et maman disaient.

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