
Climat humain et chaos éthique
(Par Hella Ahmed) Les relations humaines sont complexes. Certains exaltent, dans des moments choisis, l’interdépendance, l’inspiration, l’empathie ou l’amitié, avec une conviction qui semble sincère. Pourtant, dans d’autres contextes, ces mêmes voix cèdent à l’exploitation, au favoritisme ou au snobisme, dévoilant une incohérence morale. Malheur à celui qui ose trop briller : on le rappellera vite à l’ordre. Chacun caresse un projet, jusqu’à ce qu’un autre, mû par l’envie, vienne le saccager pour imposer le sien. La rivalité maladive, particulièrement chez certaines femmes, tisse un voile lugubre sur les rapports humains, et les hommes s’y laissent souvent entraîner.
Peut-on encore espérer des échanges authentiques? Tout semble feint, simulé. Comment offrir sa confiance ou son affection dans un monde égaré, obsédé par le « buzz « en vagues?
Réchauffement climatique et dérapages éthiques
Dans des chroniques grassement rémunérées, on vous dira que prendre l’avion est un crime contre le climat, presque une abomination. Pourtant, à la première occasion, les mêmes s’envolent pour « s’aérer l’esprit » avec l’argent gagné en prétendant sensibiliser le peuple aux enjeux climatiques. Une personne qui, jadis, annonçait fièrement ses voyages en avion pour afficher sa réussite financière, tout en se revendiquant écologiste de longue date, passe désormais son temps à accuser les autres voyageurs de détruire la planète et l’avenir de l’humanité. Pourquoi? Parce qu’elle ne fait plus assez d’argent pour s’offrir ces escapades aussi souvent qu’avant.
Cette personne qui pille intellectuellement autrui pour se poser en chantre de la vérité, dans une chronique, un podcast ou un livre, clame son empathie et sa capacité à guérir les âmes traumatisées. Pourtant, elle sait pertinemment que voir son travail dévasté et approprié pour la gloire matérielle ou la renommée d’un(e) autre est destructeur et traumatisant pour la victime de son attitude agressive et persistante.
On prêche dans le vide, et pourtant, l’écologie est cruciale, tout comme il n’existe pas de souffrance plus légitime qu’une autre.
La toute-puissance à débordement
Certaines personnes s’obstinent à imposer des relations malsaines à ceux qu’elles ciblent, refusant de les laisser en paix malgré un rejet clair de leurs tentatives d’emprise ou de contrôle coercitif. Elles provoquent, cherchent à faire réagir ceux qui préfèrent garder leurs distances. Les victimes doivent alors apprendre à cultiver l’indifférence face à l’intrusion et à la fixation, malgré la colère justifiée et le ressentiment. Pour y parvenir, il faut revenir à soi.
On peut protester, confronter, expliquer fermement son désintérêt, mais si ces individus manquent d’habiletés sociales et d’éthique relationnelle, si c’est leur manière d’être au monde, c’est peine perdue de tenter de les raisonner, surtout s’ils sont endossés par leur entourage et encouragés à persévérer dans ce sens. Recadrez-les, puisqu’ils ont ouvert la danse. S’ils sont capables de vivre autrement qu’à vos dépens, ils iront voir ailleurs. Sinon, croyez-le ou non, ces personnalités toxiques, persuadées qu’un échange délétère est nécessaire, poursuivront leur manège pendant des années, une éternité.
Viser plus haut sans se justifier
Certains s’adressent à leur public, qui finance leur confort matériel, comme à des moutons destinés à s’entasser en colocation à deux, trois, quatre, cinq ou six dans des taudis pour vivre modestement. Pendant ce temps, eux s’achètent une nouvelle maison ou un autre condo, convaincus que leur vision du monde les place au sommet de l’échelle. Ils bloquent l’ascension des autres, ceux qui ont la capacité intellectuelle de réfléchir, de créer et de briller par leur créativité et leur productivité. Ils réservent le bonheur à leur caste et surveillent de près les ambitions et les réalisations de ceux qu’ils veulent contrôler.
Les pires sont ceux qui fouillent dans votre portefeuille, jubilant de savoir que vous possédez peu, qu’ils vous ont tout pris ou qu’ils ont réussi à entraver votre ascension sociale. Leur mesquinerie ne tolère pas votre succès. Ils passent même leurs vacances à se morfondre dès que vous connaissez un moment de joie ou de réussite. Dévoués à leur mission de destruction, ils croient en une théorie des énergies : votre bonheur leur enlèverait quelque chose à l’avenir. Ils vivent aigris, rongés par des superstitions cachées, jamais vraiment heureux ni satisfaits, car leur bonheur repose sur le malheur d’autrui. Et pourtant, chacun se bat pour soi-même.
Vivre en paix et avec la paix
Je ne prétends pas être un exemple, car je n’aspire ni à être un modèle (je n’ai ni pouvoirs surnaturels ni antennes, seulement des connaissances et des compétences acquises par le travail et la détermination) ni une victime (bien que je l’aie été à maintes reprises). Je me réfère à mon expérience, car j’ai surmonté des obstacles majeurs. Aujourd’hui encore, je lutte contre certains prédateurs qui s’approprient impunément mon travail pour s’enrichir.
Le monde est vaste. Lorsque vous comprenez le drame de l’avidité, tournez le dos et partez. Soyez ferme et indifférent. Ces individus ne changeront jamais, ils vous l’ont assez prouvé. Ne perdez plus votre temps à essayer de les raisonner : leur seule religion, c’est la vanité.
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