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Les visages de l’état de stress post-traumatique

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(Par Hella Ahmed) À la suite d’un événement traumatique, plusieurs symptômes peuvent se manifester en lien avec un état qu’on dit de stress post-traumatique (ÉSPT), le malaise étant celui d’une souffrance ficelée d’angoisses, de reviviscences, de sensations physiques désagréables et de panique bien souvent.

Dans le cas d’un état de stress post-traumatique, des stimuli, déclencheurs potentiels de retour du souvenir, au semblant anodin pour les autres, sont significatifs pour la personne qui en souffre.

Certaines clarifications amenées par deux chercheurs rencontrés au Québec, Dr. Ghassan El-Baalbaki, un psychologue spécialisé en troubles anxieux, et Dre Mélissa Martin, psychologue au centre d’étude sur le trauma à l’institut universitaire de santé mentale de Montréal, spécialisée en stress post-traumatique, nous aident à faire portrait des visages de l’état de stress post-traumatique.

Parmi les symptômes de cet état, nous retrouvons les reviviscences, ou le fait de revivre l’événement sous forme d’images et de pensées. Le mot Flashback est communément utilisé pour désigner ce qui relève de la reviviscence sous forme d’images ou d’impressions. On note aussi l’occurrence de cauchemars faisant référence à la situation en cause ou aux sensations vécues en lien. La fréquence ou la récurrence des cauchemars n’est pas la même d’un individu à un autre. L’intensité et la fréquence des symptômes sont donc variables.

Avoir été témoin, ou avoir vécu personnellement une situation où il y eut un danger pouvant affecter sa propre intégrité physique ou psychologique, ou celle de quelqu’un de proche, peut mener à développer un état de stress post-traumatique. Avoir traversé l’épreuve d’une menace à la vie, d’un danger de mort ou de graves blessures, par exemple lors d’un accident, d’une violence au travail, ou d’un vol à main armée, peut mener à l’ÉSPT.

Bien que l’on retrouve dans la littérature des écrits précisant que les symptômes peuvent apparaître jusqu’à six mois après l’incident critique, selon Dr. Martin, il y a des signes liés à cet état qui sont observables assez rapidement, simplement l’intensification du malaise rend sa présence plus évidente. Les symptômes sont parfois masqués, mais ils ne sont pas absents. « Les gens réussissent à fonctionner, mais à un moment donné le corps se fatigue », explique-t-elle.

Il faut noter que la succession d’épreuves et l’addition finalement d’un incident déclencheur peut faire basculer vers l’installation de la pathologie chez certains. Le seuil de tolérance au stress n’étant pas le même pour tous et les histoires personnelles bien différentes, le moment de l’enclenchement de la condition observable, selon les critères, n’est pas forcément prévisible. L’accumulation des épreuves dans une histoire personnelle est donc à prendre en compte pour comprendre la manifestation de l’état de stress post-traumatique à un moment donné.

Parmi les symptômes de l’ÉSPT, on retrouve l’évitement qui mène souvent à l’isolement. La personne tente d’éviter toute situation ou tout stimulus au potentiel perçu de rappeler l’événement traumatique et se retire de plus en plus des situations sociales pour éviter les risques d’exposition. Des endroits, des odeurs, des sons, des images, des récits, ou même des traits physiques, peuvent susciter par association une réaction anxieuse ou une panique chez la personne.

L’état de stress post-traumatique est un trouble anxieux, et comme pour toute pathologie que l’on diagnostique avec le DSM (le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), il y a certains critères à remplir pour qu’un visage soit donné au trouble que la personne semble présenter.

On note que les personnes avec un ÉSPT font souvent l’expérience de crises de panique. Dans ce sens, le trouble panique peut être un trouble associé à l’état de stress post-traumatique, mais pas forcément, car son diagnostic dépend de la fréquence des attaques de panique. De plus, ce ne sont pas toutes les personnes ayant vécu un événement traumatique qui développent un trouble anxieux ou un ÉSPT.

On parle également d’émoussement des affects ou la restriction des affects, quand il y a présence d’un état de stress post-traumatique. C’est-à-dire que les émotions positives sont émoussées, alors que les émotions négatives ne sont pas contournées. La douleur s’exprime et le malaise se dit quand les mots sont accessibles pour l’individu qui a besoin de s’exprimer quant à son vécu traumatique, mais de l’autre côté, et dans de nombreux cas, les gens qui ont eu à traverser des épreuves traumatisantes menant à cet état n’arrivent pas à ressentir ou à communiquer ce qui est plutôt positif ou agréable.

Dre Martin fait remarquer que certains patients disent avoir pour difficulté de ne pouvoir communiquer l’amour qu’ils ont pour leurs proches. Cette condition est temporaire cependant, il ne s’agit pas d’un état permanent.

La dépersonnalisation est un autre symptôme qu’on connait comme lié à l’état de stress post-traumatique. Le mécanisme de la dépersonnalisation permet de ne pas être présent mentalement durant un événement trop pénible à endurer, l’individu arrive ainsi à se protéger de la douleur émotionnelle ou physique du moment traumatique en se dissociant. La dépersonnalisation peut s’installer par la suite chez la personne qui en fera automatiquement usage en tant que mécanisme de défense lors de situations menaçantes.

Dr. Ghassan El-Baalbaki souligne que la dissociation est un continuum et que vivre une dissociation dans le cas de la dépersonnalisation ne prédit pas l’installation d’un trouble dissociatif chez la personne. Dre Martin rappelle aussi que le fait d’avoir recours à ce mécanisme n’est pas une réaction permanente et que la thérapie adresse cette problématique également afin d’apporter des changements vers le positif.

Bien que les contextes soient différents, les personnes présentant un état de stress post-traumatique vivent des émotions difficiles à cause d’associations qui se font de façon automatique au niveau cognitif. En Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC), il est question de travailler avec les patients à briser ce genre d’associations pour qu’ils retrouvent une plus grande liberté. « Si une personne a été agressée dans une banlieue par exemple, ce n’est pas la banlieue qui est à éviter, mais l’agresseur avec lequel elle ne devrait plus être en contact », explique la spécialiste.

En cas d’ÉSPT, dans le cadre de la TCC utilisée avec efficacité pour traiter les troubles anxieux, nous procédons à l’exposition graduelle soit une exposition aux sources d’angoisse qui se fait par ordre d’importance face à des situations anxiogènes afin de désensibiliser la personne, l’objectif étant de l’aider à développer une plus grande tolérance à l’anxiété et aux émotions négatives, et briser graduellement les associations qui limitent sa liberté d’action.

Confronter les situations qui occasionnent ce stress nuisible n’est pas chose facile pour les personnes présentant un état de stress post-traumatique, mais les résultats positifs qui s’en suivent encouragent bien souvent à continuer cette démarche. Bien que la souffrance ne soit pas quantifiable, on peut travailler à retrouver sa liberté avec l’aide de soins professionnels adaptés.

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