Penser l’amour après la déchirure de la grande déception


(Par Hella Ahmed) Comment penser l’amour après la déchirure de la grande déception qui peut être le résultat d’une accumulation de déceptions ou simplement la conséquence d’une singulière très mauvaise expérience? 

La paradis de l’amour 

Le paradis de l’amour, c’est aussi celui que l’on connaît après la mort de l’amour comme on le connaissait, avec nos bagages difficiles et nos illusions. Quand on le vit mal, ce n’est jamais vraiment le paradis, même si l’on nous dit qu’il faut souffrir et faire des sacrifices en amour pour protéger le grand amour de l’effondrement. Les petits ajustements, compromis pour une meilleure qualité de vie, bien entendu. Les montagnes russes et les trahisons à répétition, peut-être pas. Définitivement pas. Après la grande chute, c’est possiblement un éveil qui élève qui prend la relève pour nous guider au lieu de nos peurs et nos blocages, alors le paradis terrestre de l’amour devient peut-être possible. 

Le paradis de l’amour, il est aussi relatif, c’est ici et ailleurs. Le paradis, c’est un moment idyllique pour soi, personnel, intime, unique. Le paradis, c’est aussi ce moment qu’une réunion singulière crée, avec l’autre, avec l’être aimé. Voyager, visiter, s’émerveiller de la nature qui existe et que l’on n’a pas encore eu l’occasion de rencontrer est paradisiaque. Partir pour laisser en arrière ce qui est malheur, découvrir et se redécouvrir sans les chaînes du passé qui s’agglutine malgré les espoirs nouveaux, ce n’est pas tout bêtement fuir, comme on peut le lire en ce qui ordonne la confrontation absolument, ou la résilience surnaturelle, celle du face à face écrasant avec le réel, dans un discours culpabilisant qui met la lucidité au même niveau que le misérabilisme. 

S’aérer l’esprit, se hisser au dessus, avoir une perspective autre, c’est un face à face avec le réel qui ne tue pas l’âme en condamnant au poignard des émotions qui balafrent par leur poids et leur intensité quand séparer ce qui relève de soi et ce qui relève de l’autre devient quasiment impossible. 

L’amour, une maladie? 

L’amour n’est sûrement pas une maladie. Selon moi, l’amour est une énigme, une obligation, une phobie ou une obsession, quand on est traumatisé ou que l’on pense trop, sinon c’est une bénédiction, qui vient tout naturellement au bon moment. Ce n’est sûrement pas un jeu égoïste où l’on réclame par égocentrisme, sans rien donner de réel en retour. Ce n’est pas, non plus, la scène d’un sacrifice ou d’une adoration fanatique. 

Il nous faut régulièrement examiner le présent de nos sentiments, nos sentiments au présent, en conscience, pour ne pas ignorer les possibles du présent et du futur à cause des déceptions du passé. La souffrance d’hier peut, malgré soi, paralyser. On parle alors d’un « soi » mature, quand il est capable de prendre une distance pour mieux faire et éviter la souffrance inutile, car malgré notre vigilance et nos bonnes intentions, c’est peut-être l’autre qui veut faire un drame, consciemment ou inconsciemment, de cet amour avec nous. 

Quand j’entends « passion », j’entends souvent aussi des réactions extrêmes, ce serait donc à éviter en amour ou tout au contraire à désirer pour vivre pleinement, ne pas se contenter d’histoires sans rien d’exceptionnel et ainsi passer à côté du grand phénomène de l’amour. L’image du grand feu qui brûle que l’on associe à la passion, n’est pas forcément une image forte, car la passion peut être destructrice, comme elle peut être très constructive, alors rien ne brûle pour finir en cendres, au contraire, tout se bonifie, grandit. Une étincelle, ce n’est pas que petit ou éphémère, ça peut être au contraire un début pour du grandiose, ce qui est compatible avec une progression sur de bonnes bases.

Vitesse, certitude et guérison 

La vitesse en amour, ce n’est pas mauvais quand on sait où l’on va, et comment honnêtement, on y va. Le temps n’attend personne. Le temps perdu, ne se rattrape pas. Le rentre-dedans en amour, ce n’est pas de la vitesse, c’est de la violence ou de la tergiversation pour causer de la confusion et  une saturation mentale, et ainsi manipuler ou patauger dans la médiocrité, par intérêt égoïste, habitude ou fierté mal placée. 

La certitude en amour, c’est parfois l’expression du déni de blessures encore vives, une attitude magique, le fantasme du sauveur que l’on veut à tout prix transformer en réalité. Quand la certitude est basée sur du réel, quand l’amour et les bonnes intentions, ainsi que le souhait de s’unir à l’autre, sont sincères et réciproques, pourquoi perdre son temps? Pourquoi s’empêcher d’être heureux à deux ou à plusieurs?

L’amour est un merveilleux pansement humain, qui se fond à la peau pour la régénérer. Beaucoup de gens chanceux ont été sauvés d’un passé tragique grâce à un grand amour nourrissant et réparateur. L’amour guérit, il aide à cicatriser. 

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