Violence pour violence ou l’empreinte de l’arrogance – Par l’écrivaine Hella Ahmed

(Par Hella Ahmed) C’est bien honorable de vouloir protéger les plus vulnérables à la désinformation de ceux qui ont recourt aux faux-semblants pour abuser et victimiser. Les aider à y voir plus clair afin qu’ils ne soient pas arnaqués, qui pourrait se dire réfractaire à cette idée? Mais le signalement moral est pour beaucoup une façon de cacher leurs propres méfaits et faire tomber leurs concurrents pour prendre toute la place sur certains marchés. La guerre sanctifiée est une stratégie pour booster la visibilité et la renommée du prétendu ange gardien qui embrigade le peuple avec lui en l’incitant à une haine supposée être légitime.

Aussi, on annule la culpabilité en parlant de culpabilisation sociale à stopper, car défendre ses intérêts serait un droit et une obligation morale envers soi. On joue aussi sur l’empathie vis-à-vis de l’autre qui subit l’injustice pour éveiller le sentiment d’appartenance à un « nous » que l’on se doit de défendre contre la violence des profiteurs. Le problème, c’est que derrière cette stratégie, l’égotiste agit pour continuer à manœuvrer avec grande liberté. L’abus de pouvoir est une sombre histoire recouverte de lumières trafiquées qui font oublier le mal fait sous vos yeux rassurés par un mirage d’amour.

Le moralisateur Phony

Est-ce que l’intention du moralisateur qui utilise la malice pour se mériter une bonne image et se dire supérieur est bonne?

Le mot malice ne semble pas présager une réponse positive à cette question pour la simple raison qu’il implique fourberie et tromperie. La fourberie est d’un usage commun que le numérique nous révèle beaucoup, puisque l’influence et le marketing sont basés sur l’intention de manipuler. La manipulation sert à convaincre, à rendre fan, suiveur et addict. Elle n’est pas porteuse de désastres relationnels en tant que telle, bien qu’elle puisse causer par ramification des dommages qui soient d’ordres financier et psychologique: dettes, comportements obsessionnels, jalousies, anxiétés et dépression.

Le marketing est une discipline qui fait des victimes, c’est vrai, mais elle est nécessaire, elle est au centre de notre économie, elle fait circuler l’information et il existe des balises et des lois qui protègent les consommateurs. La tromperie est par contre forcément dévastatrice, elle suppose une manipulation hostile qui instrumentalise l’individu, dans le plus grand mépris de son intelligence, de sa liberté et de sa fierté. N’est-ce pas douloureux de réaliser que l’on a été berné et traité sans respect?

Le commun des mortels n’est pas volontaire à se laisser faire en étant dans le noir. Lorsque l’on suit séduit, et avec quiétude quand le climat est paisible bien que tordu, c’est par confiance gagnée. La confiance se gagne par endoctrinement aussi, et ce, sans que le mécanisme ne soit celui d’une violence franche interdisant la volonté propre ou d’une terreur qui paralyse l’expression d’un libre choix. Et tristement, la violence contre l’autre séduit beaucoup de gens qui se rallient à des mouvements extrêmes sous prétexte qu’une foi en la fin des injustices qu’ils souhaitent combattre par adhérence à une cause immunise contre la culpabilité qui devrait être ressentie lorsque l’on agresse.

L’empreinte de l’arrogance

La trace de cette violence légitimée par le peuple manipulé reste en lui après la fin des hostilités. C’est comme un robinet qui fuite doucement, tel un bruit de fond qui agace malgré l’habituation. Autoriser son ressentiment à agir, c’est se donner le droit de juger et de punir, une ligne sensible est alors franchie. Ainsi, le dérapage par mauvaise interprétation propulsée par l’égo qui cherche à s’imposer à tout prix, à vaincre, est sur le tournant. Le déni simulé devient bien plus facile à choisir comme option pour s’autoriser sans culpabilité à agir dans le sens de son envie de défenestrer.

Cette haine calme les frustrations, elle est la réalisation d’un fantasme de réparation pour soi-même quand du mal nous a été fait, et à travers l’autre pour encore une fois soi-même se vider de ce qui nous a marqués en nous laissant aigris. Raviver la flamme de l’offense pour mettre les gens en transe, c’est comme les faire chavirer avec une musique couverture qui contient, ouverture qui rassure sur le lien, et pour les malins qui opèrent une fusion des deux qui réunit pour inciter à la haine.

À un autre extrême, tout à l’opposé des derviches tourneurs qui dansent l’amour et la paix dans une extase divine, les grossiers personnages ravagés par la laideur de leurs intentions, en reclus dans une solitude meublée par l’envie et la hargne, rassemblent sur les réseaux sociaux des hypnotisés par le son de la modernité. Ils tourbillonnent et vocifèrent même pas vraiment en colère, et leurs suiveurs hurlent de joie et de douleur à la fois, comme des enfants méchants qui veulent faire la peau à l’autre pour se rassurer sur leur féminité ou leur masculinité, sur leur valeur dans un monde qui les limite et leur montre tout ce qu’ils manquent.

Le consentement et la liberté

Est-ce qu’un titre donne droit au « déni fabriqué » en tant que couverture pour nier la vision globale qui donne idée de la structure de fond portant une activité stratégiquement planifiée qui cause des dommages visibles, dont l’incitation à la haine qui pervertit la jeunesse?

Le sujet manipulé qui défend les intérêts économiques de ses manipulateurs et protège leurs leurres pour se prouver à lui-même et à la société son souci du bien général, est-il libre? Est-il bon s’il se met du côté de la haine instrumentalisée au service du « bien » dénaturé?

Ces manipulateurs ayant réussi à éveiller en lui un sentiment d’appartenance pour l’orienter vers l’utilisation de la violence comme réponse à ses frustrations préfèrent en fait sauver les animaux en premier, et s’ils s’objectent à ce que des gens soient escroqués c’est parce qu’ils ont simplement la rage que cet argent ne finisse pas dans leurs poches à eux plutôt et qu’ils ont déjà fait assez de bêtises dans le passé pour qu’une surveillance continue les empêche de faire la même chose que leurs concurrents.

Le tribunal populaire

L’équipe du bully français, contrôlé par sa manageuse déconnectée de la réalité, expatrié à la piscine avec des bolides à Miami, qui s’est toujours déclaré en désamour avec son pays d’origine, s’affirmant être au-delà des codes juridiques, avec pour mission de chanter la liberté et l’illégalité, a quasiment inventé la méthode. En utilisant le nom d’un rappeur qui existe avant tout par ses clashs, des propagandes contradictoires sont injectées dans les médias sociaux par des gens d’affaires incompétents et des philosophes des poubelles, sous des airs de protestations bizarres et une moralisation risible visiblement associée à des violences franches motivées par la concurrence déloyale.

Le peuple aveuglé ne voit que le côté de la médaille que l’on a su lui imposer. Ce cirque est appuyé par des députés et par des gens qui nous parlent du bien général, car ils sont dans l’urgence matérielle et habités par l’ambition de la grande vie des célébrités, faisant fi du fait que nous sommes témoins de l’édification d’un système parallèle à la justice qui sert à protéger une idée du bien qui n’a rien à avoir avec le bien.

Et ce tout médiocre est mal joué, telle une série ratée avec en trame de fond un discours sur l’honneur qui relève du délire faisant la promotion d’entreprises sans capital humain intelligent et donc vouées à un échec qui serait immédiat sans l’espionnage, le pillage et le parasitisme commercial que leurs décideurs maladroits affectionnent pour retarder la chute incontournable vu l’instabilité et le manque de créativité.

Violence pour violence

Le monde de la désinformation est tissé d’illusions et s’il y a une constante indéniable, c’est bien l’avidité. Andrew Tate, misogyne arrêté pour traffic humain se fait un business lucratif de soi-disant informer au sujet de la désinformation. Les universités dénoncent de temps à autre un professeur connu pour ses abus de pouvoir. Un rappeur paresseux, qui se vante de fréquenter une mineure, plagie de jeunes artistes et se sert sur les sites des autres, voudrait nous sauver des escrocs comme lui. Et des reporters zélés harcèlent de présumées victimes pour les obliger à témoigner en servant de scoop et de pions dans des guerres de clans. Ils fouillent dans les poubelles des gens pour les instrumentaliser et les intimider s’ils refusent de devenir des esclaves qui financent restaurants de luxe et voyages de rêves.

Elon Musk rachète la plateforme sociale Twitter et en fait son domaine bien surveillé, il veut que la nouvelle liberté d’expression qui contre la désinformation soit l’empowerment du peuple sous l’emprise des élites. Tout le monde peut s’exprimer et s’acheter un blue ribbon pour se sentir important maintenant. L’idée est très intéressante, j’en conviens, il n’en reste que la liberté s’achète (ce qui est mieux que le rien d’avant) et qu’il faut flatter l’ego de quelqu’un dont l’existence en tant que telle est perçue comme étant philanthropique. Avoir une entreprise qui veille à l’environnement en misant sur l’électricité au lieu des polluants serait un service rendu à l’humanité qui justifie une fortune colossale (qu’il n’a pas à justifier d’ailleurs, il est libre d’être capable et performant), et certains pensent que le promouvoir gratuitement, c’est comme lui dire merci tout bonnement. Et c’est n’importe quoi, les radins billionaires sont parmi nous, attention au rentre-dedans des pions de son clan, qui eux son payés pour coller.

Ce sont les associations et les illusions construites pour protéger les intérêts des uns et des autres qui font durer ces étrangetés visibles que le « faux déni » est supposé voiler alors que tout se sait. Le violence instrumentalisée su service du bien dénaturé n’est que de la violence au service de la violence, et le résultat en est bel et bien la renommée pour certains et de bons comptes en banque ici et ailleurs au soleil avec les cochons qui flottent.

Livres pour comprendre

Concernant les gens célèbres en affaires et dans les milieux artistiques assez protégés qui ont longtemps pu manœuvrer sans se faire empêcher par qui que ce soit de s’attaquer aux femmes et de s’autoproclamer avec arrogance irréprochables et intouchables, prenons l’exemple de Weinstein qui a réussi à museler ses victimes grâce à l’espionnage et l’intimidation. Il avait conçu un système de surveillance qu’il dirigeait lui-même avec minutie pour garder la maîtrise d’un manège connu, tel un secret de polichinelle se transmettant dans un grand silence qui a quand-même fini par faire du bruit.

Je consacre une partie de mon essai Profils d’ombres et de lumières à expliquer des stratégies d’influence utilisées par les sectes et des groupes malveillants influents. Je relève des points communs au fonctionnement de formations faisant dans l’illégal, la violence franche ou indirecte et maintes transgressions, tout en moralisant, dans des cas, en ayant recours à des associations avec des milieux intellectuels ou pseudo-intellectuels qui semblent contrôlés, et qui le sont bien que corrompus aussi, car cela leur donne un champ de manœuvre pour abuser.

Pour bien comprendre les méthodes des manipulateurs qui ont recours à la malice, au stalking criminel, à l’intimidation de groupe, à l’espionnage et au pillage intellectuel, le livre Comment les manipulateurs frappent? est un guide essentiel qui fait plonger dans ce vaste petit monde des parasites, des méchants, des paresseux et des envieux qui consacrent leurs vies à observer « l’autre » afin de le manipuler, à le tourmenter, à l’utiliser et à tenter de le remplacer, soit l’agresser d’une façon ou d’une autre.

Hella Ahmed 2023 © All rights reserved – Find my books on Amazon

Cet essai sur le fléau que représente la manipulation à l’ère du numérique est un travail scientifique de déconstruction d’un système pernicieux et rampant qui pollue l’ensemble des institutions et en particulier les rapports professionnels et autres.Il met à nu les innombrables pratiques de la manipulation, ses effets pervers et les dommages aux lourdes conséquences qu’elle entraîne, en particulier dans le domaine du pillage intellectuel. Un livre qui vous permettra de cerner les notions fondamentales de ce qui est devenu un réel danger.

L’auteure, à la lumière d’une solide pensée philosophique et d’une formation supérieure en psychologie, examine, avec une rare plume chirurgicale, le corps d’un monde en pleine mutation, sous l’effet d’une crise multidimensionnelle, et propose un mode original d’interprétation, d’action et de survie.

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