Du stress à l’anxiété, les formes de l’anxiété

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Il est commun de ne pas faire la différence entre le stress, qui n’est pas forcément mauvais, et l’anxiété. De plus, il faut faire la nuance entre une anxiété sous contrôle et une autre reliée à un trouble anxieux.

Au niveau de la vie quotidienne, le stress est toujours présent, inévitable, mais il peut devenir une source de détresse. Quant à l’anxiété, elle est en lien avec les inquiétudes que l’on peut avoir.

Alors que certaines inquiétudes sont dites normales, d’autres peuvent nous accaparer jusqu’à hypothéquer nos activités de la vie quotidienne, ou même engendrer un sentiment d’impuissance dans des cas. 

Les pensées obsédantes auxquelles nous donnons un sens prennent de la place dans notre existence, car nous leur accordons de l’importance, et cela peut nous mener à installer des rituels pour tenter de résoudre l’anxiété qu’elles génèrent.

Il y a des conséquences importantes aux anxiétés sévères au niveau du fonctionnement général. Le sentiment d’impuissance directement lié aux anxiétés sévères en l’occurrence de troubles anxieux peut causer la dépression à cause de l’impression et sensation  d’impasse.

La différence entre le stress et l’anxiété

Le stress vient de toute situation qui peut être perçue par l’individu comme dangereuse ou comme ayant le potentiel de lui causer un déséquilibre dans son fonctionnement régulier. Il est également important de garder à l’esprit que ce qui peut être stressant pour une personne, soit qui a le potentiel de faire réagir plus intensément que de coutume, ne l’est pas forcement pour une autre. On parle donc de seuil.

Le stress vient de toute situation ou stimulus qui nécessite une certaine réaction adaptative de la part de la personne afin qu’elle puisse maintenir un équilibre au niveau de ses activités. Concevons le stress comme un moteur, comme une énergie nécessaire, une voiture ne pourrait avancer sans carburant pour faire tourner ses quatre roues.

Notre niveau de stress dépend de notre évaluation personnelle automatique d’une côté comme consciente de l’autre concernant le danger et ses conséquences.

Le Eustress et le Distress

Le Eustress fait référence au bon stress et le mauvais stress est désigné par Distress. Tout stress qui n’est pas résolu à l’aide de nos mécanismes d’adaptation peut engendrer une détresse passible d’enclencher une certaine psychopathologie. De plus, peu de stress signifie aussi que le rendement ne sera pas à sa pleine capacité par manque de stimulation. 

Au delà d’un seuil de tolérance au stress qui est relatif d’une personne à une autre, il peut y avoir une détérioration du fonctionnement. Par exemple, devoir répondre à trop de questions durant un examen, en ayant pour ce une limite de temps non proportionnelle au niveau de difficulté de la performance, pourrait déstabiliser l’étudiant(e). Il y a un lien direct entre le niveau de stress et le fonctionnement.

Le Burn-out est par exemple causé par l’augmentation du nombre de stresseurs ou l’ajout d’un élément perçu comme exigeant des compétences que la personne craint de ne pas avoir. Le niveau de stress va dans ce cas au-delà d’un seuil limite pour cette personne. Il se produit alors le passage du Eustress au Distress. 

Du stress à l’anxiété

L’adaptation aux différentes situations de la vie qui exigent une mobilisation dépend des références que nous faisons  aux  apprentissages acquis et qui favorisent un sentiment de coping ou de compétence.

Une situation difficile à gérer à cause d’un manque de connaissances quant à la façon appropriée de réagir, ou l’expérimentation d’un sentiment d’inaptitude face aux exigences du moment, vont favoriser la naissance d’une forme d’anxiété, bien que celle-ci ne soit pas forcément pathologique.

Les troubles anxieux

Il y en a un certain nombre, on retrouve le trouble panique, l’agoraphobie (la peur de faire des attaques de panique ou de sortir dans des endroits ouverts, d’être pris quelque part, la peur d’être dans une foule), l’anxiété sociale (la peur d’être jugé), l’anxiété généralisée (l’intolérance à l’incertitude, l’appréhension face au futur), l’état de stress post-traumatique (il survient à la suite d’un événement traumatique), les phobies spécifiques (ex: la peur des araignées, la claustrophobie).

La peur et l’anxiété sont cousines

Il y a des situations réelles qui justifient une anxiété qu’on peut donc dire normale, la pathologie quant à elle est liée à une anxiété associée à une peur qui n’est pas proportionnelle à la réalité des choses. 

Lorsque l’inquiétude vient de l’accumulation de  »si » démesurés quant à ce qui pourrait se produire de dommageable, on parle alors d’anxiété pathologique. Toute personne ayant des inquiétudes n’est pas atteinte d’une pathologie ou d’une anxiété généralisée, c’est lorsque les inquiétudes l’occupent énormément et qu’elles ont des conséquences même au niveau physique que l’individu devient dysfonctionnel.

Les réactions physiques sont semblables dans le cas de la peur et de l’anxiété quand on est en état de panique. On note des battements de cœur rapides, le souffle court, une respiration plus rapide, un sentiment d’engourdissement au niveau des pieds et les extrémités qui deviennent plus froides. Ces symptômes sont nécessaires à la réaction de fuite, de combat, ou à celle de figer dans des situations de danger.

L’engourdissement au niveau des pieds résulte de l’engorgement du sang dans les gros muscles comme les bras, les cuisses et les mollets qui sont sollicités dans la réaction de fuite ou de combat pour fin de survie. Les extrémités fines sont moins sollicitées dans ces situations. La respiration rapide est liée au besoin d’oxygéner le corps pour être apte à faire les mouvements de course ou de combat. Les battements de cœur accélérés sont nécessaires pour alimenter en sang les muscles sollicités lors de ces réactions et pour expulser le Co2.

La vision floue vient de la dilatation des pupilles qui permet une vision plus large et une meilleure perception des issues possibles dans la situation d’urgence où avoir un focus n’est pas nécessaire.

Lorsque ces symptômes physiques sont présents sans l’existence réelle d’un objet de peur, il s’agit plutôt d’une attaque de panique.

L’attaque de panique peut être associée à différents troubles anxieux, elle n’est pas exclusive au trouble panique qui se caractérise par une haute fréquence des attaques de panique.

Qu’est-ce que le trouble obsessif compulsif?

Maintenant considéré comme un trouble de la pensée, le TOC faisait partie des troubles anxieux précédemment. On y note la compulsion qui est un comportement répétitif. Ce comportement peut être présent uniquement à un niveau mental, mais il peut aussi prendre la forme d’une vérification frénétique. 

Nous avons tous des pensées obsédantes, une chanson qui se répète dans notre tête ou une pensée sans explication rationnelle. Lorsque des personnes ayant des pensées obsédantes qui viennent spontanément ou sans raison, leur accordent de l’importance, elles les maintiennent.

On tente de vaincre des obsessions en leur prêtant attention, mais penser à ne pas penser à quelque chose ou accorder de l’importance au fait d’avoir pensé à ce qui semble inacceptable ou qui fait peur peut en soi causer de la détresse.

Un rituel peut donner l’impression de nous permettre d’être en contrôle de ce genre de pensées alors qu’il mène en fait à faire le contraire de ce que l’on voudrait, soit de les préserver plutôt que de les chasser. Les pensées obsédantes sont ordinaires, c’est le fait de leur accorder une importance et de leur attribuer une signification qui peut provoquer le cercle vicieux de leur maintien.

Le trouble anxieux vient-il souvent associé à un autre trouble?

Souvent, il y a comorbidité. Une anxiété généralisée peut être associée à une peur importante du jugement conduisant à éviter des situations sociales importantes, tout comme une anxiété sociale peut être associée à des compulsions ou à des pensées obsédantes.

Par peur de faire des attaques de panique dans certains lieux, une personne présentant un trouble panique en présence d’agoraphobie pourrait commencer à éviter des endroits ou l’utilisation d’un certain moyen de transport par exemple.

Les comportements d’évitement agoraphobique peuvent même hypothéquer la relation conjugale d’une personne en dérangeant le déroulement normal de ses activités impliquant le partenaire lorsqu’il est question de par exemple voyager par un certain moyen ou d’avoir des relations sexuelles. Une association entre les réactions physiques des relations sexuelles et les réactions physiques en cas d’attaque de panique peut se produire, car elles sont similaires.

Sachant qu’elle n’arrive pas à changer sa situation et que sa vie conjugale en est grandement déstabilisée, que son emploi nécessite de voyager par un moyen de transport qu’elle évite, ou qu’elle n’arrive simplement pas à s’éloigner de son domicile où elle se sent en sécurité, la personne avec agoraphobie peut aussi finir par vivre un sentiment d’échec, un sentiment de dette, un sentiment de culpabilité, jusqu’au sentiment d’impuissance.

Le sentiment d’impuissance acquise peut mener à l’installation de la dépression. À cause des limitations engendrées par la pathologie, une personne avec TOC peut développer une forme de dépression majeure. Une personne avec de l’anxiété sociale pourrait avoir tendance à boire plus d’alcool pour se détendre et moins vivre ses inquiétudes jusqu’à finir avec une dépendance à l’alcool.

Trouble d’anxiété généralisée et stress post-traumatique

Voir le danger partout constamment et faire des efforts pour tenter de le prévenir est en lien avec une anxiété généralisée plutôt qu’une anxiété spécifique. L’on retrouve ces éléments :

Une accumulation d’inquiétudes.

L’intolérance à l’incertitude.

Une préparation excessive dans tout ce qui doit être fait.

Il faut souligner que ce n’est nullement le soucis de prévenir les situations dérangeantes qui s’avère problématique, c’est plutôt la compulsion à vouloir constamment tout contrôler qui est dysfonctionnelle.

Avoir été témoin, ou avoir vécu personnellement une situation où il y a eu un danger pouvant affecter sa propre intégrité physique ou psychologique, ou celle de quelqu’un de proche, peut mener à vivre un état de stress post-traumatique. Par exemple, un accident, une violence au travail, un vol à main armée.

La personne devient hyper vigilante à tous les indices associés au risque que l’incident ne se reproduise. Ainsi, tous les stimuli qui rappellent l’événement traumatique poussent à l’évitement.

On note aussi la possibilité d’une dissociation au moment de l’événement traumatique, un mécanisme de défense particulier qui permet à l’individu de se séparer mentalement de son corps afin de ne pas ressentir la douleur émotionnelle ou physique dans le moment.

C’est une façon de se protéger qui permet de survivre à l’événement. Cela ne signifie pas non plus qu’un trouble dissociatif va s’installer à la suite de cette dépersonnalisation.

La dissociation est un continuum, un trouble dissociatif est d’une autre nature qu’une dissociation passagère ou une dissociation semblable à celle que l’on peut vivre régulièrement durant nos activités de la vie quotidienne où nous sommes très concentrée à une tâche.

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