Santé Mentalité

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Comment créer un contenu intéressant sans imiter servilement? Savoir compter sur soi-même

Fancycrave

(Par Hella Ahmed) Le mot « inspiration » est parfois utilisé comme excuse pour se perdre et compter sur le travail intellectuel des autres. Il est facile de confondre imiter et s’inspirer. Les enfants imitent pour apprendre, les apprentissages par imitation sont nécessaires à tous les âges, mais il y a des nuances à faire. Le pillage intellectuel est souvent justifié par le terme inspiration et par le concept mal compris d’apprentissage vicariant de Bandura, où il s’agit d’acquérir par l’observation des savoir-faire à élaborer tout au long de la vie et non de reproduire un contenu par exemple.

S’inspirer c’est trouver une impulsion créatrice grâce à la production narrative ou autre de quelqu’un qui a des leçons ou des expériences intéressantes à communiquer. Vous lisez par exemple l’histoire d’un coureur en pleine forme qui désire partager des anecdotes en lien avec ce qui défilait comme environnement alors qu’il était en état de flow et vous faire part des idées pétillantes qui lui ont traversé l’esprit durant ce temps de remise en forme, vous vous levez quelques jours plus tard avec la ferme intention de vivre la même belle expérience que lui. Voilà l’inspiration. Il ne s’agit pas de copier-coller cette histoire ou de bâtir sa fierté avec un contenu dupliqué à afficher.

Dans un temps où tout le monde peut partager ses récits et ses réflexions sur des blogues, certains se laissent aller à outrepasser les règles de conduite quant au respect de la propriété intellectuelle et se servent obstinément du travail personnel et authentique d’autres personnes. À l’âge adulte, il est question de compter sur soi-même pour créer du contenu intéressant quand on veut transmettre des écrits personnels au public.

Ce qui cause les imitations serviles ou les duplications

Certains dupliquent du contenu ou imitent servilement en pensant que nul ne s’en rendrait compte, d’autres décident de défier la norme et de ne pas cacher leur comportement bien loin d’être reluisant quand il s’agit de  trouver des idées intéressantes à partager. Se comporter de la sorte relève aussi bien de la confusion identitaire que de la décision consciente de teinter son identité virtuelle ou d’affaire de pillage intellectuel, dans le cas où le copieur se fixe sur le travail créatif d’une personne ou d’une autre en particulier, l’imite servilement ou duplique quasiment des contenus lui appartenant.

Quelqu’un peut se fixer sur une source créative et riche qu’il admire tout spécialement et perdre un peu contact avec la réalité, pas dans le sens clinique, mais au sens de ne pas être conscient de tous les enjeux en rapport avec la situation.

Être déphasé à cause de la fatigue, d’émotions difficiles à vivre ou même d’obsessions, peut mener à se laisser aller à puiser sans retenue et avec obstination dans le travail d’autrui,  et ce malheureusement sans penser aux conséquences néfastes pour les deux parties. Aussi, la situation devient telle par la suite qu’elle mène à l’engrenage de la reproduction continue à cause des compliments des lecteurs proches, membres de la famille et amis. Le succès apparent suite à la mise en ligne de la pseudo-production devient précieux aux yeux de l’imitateur qui ne veut plus perdre de vue la source de son succès illusoire et momentané.

Prenons l’exemple d’un jeune compositeur qui fait écouter à quelqu’un un morceau qu’il dit être de sa création et dont il est bien fier. La personne réalise qu’il a repris une chanson qui passe souvent à la radio et lui fait part de son observation. Il nie. Ou il est dans le déni par possible délire de grandiosité, donc il nie sans le réaliser, ou il nie, car il s’obstine à vouloir manipuler l’autre jusqu’à le convaincre que cette composition ne passe pas à la radio.

A cause de ses propres insécurités et de son manque de connaissance qu’il refuse de considérer de façon responsable et réaliste, le copieur de blogue peut par exemple s’imaginer avoir été défié quant à ses compétences et son intelligence par le réel auteur qui semble écrire avec pertinence ce qui l’interpelle et ce qu’il voudrait pouvoir lui-même écrire. Il décide de montrer qu’il est aussi capable de réfléchir à la même chose, il surveille de façon maniaque ses publications et installe une relation vampirique qu’il est le seul à penser nécessaire. Le vampire dépend de la créativité de l’autre, il se comporte sans scrupules et de façon bien dysfonctionnelle.

La victime se sent agressée et utilisée, même fraudée, car c’est son travail personnel et son investissement de taille que le pilleur affiche comme sa propriété. Quand on passe du temps à réfléchir à des idées et à mettre un concept sur pied, qu’on produit, on tient à son travail et à récolter personnellement ses fruits. Nul n’apprécie d’être considéré comme employé pro bono ou esclave d’un partisan du moindre effort.

De plus, ce type de harcèlement névrotique est inquiétant, la cible ne comprend pas l’obstination de celui ou celle qui fait d’elle une personne importante dans sa vie quand il y a tant de gens sur terre qui produisent tous les jours aussi.

Des incitateurs banalisés

Malheureusement certaines idées transmises ou mal comprises peuvent faire basculer vers ce type de comportements névrotiques que l’on retrouve chez les pilleurs de propriété intellectuelle vulnérables, car un peu en perte de contact avec la réalité, comme déjà expliqué, ou plutôt rusés, mais de façon malsaine, car obstinés à aller dans la mauvaise direction :

1- « Fake it untill you make it » : imaginez-vous engager un faux plombier pour réparer ce qui ne va plus dans votre cuisine. Quelqu’un se fait donc passer pour un plombier, car il désire au plus profond de lui-même exercer cette profession et vous avez la malchance de faire affaire avec lui. Vous risquez de sortir très insatisfait de l’expérience.

Ainsi, certains copieurs désirent traiter de sujets qu’ils ne maitrisent pas et s’inspirent un peu trop de ceux qui ont une expertise plus poussée. Le problème, c’est qu’on ne peut aller plus vite que le train. En devenir, il est important d’avoir du courage et de se lancer pour apprendre le métier, de se comporter avec assurance aussi pour viser l’excellence, mais ne jamais se dire ou se penser au sommet quand on a à peine gravi la première marche est primordial.

2- Faire le maximum en peu de temps : cela mène à lire un texte et à le paraphraser jusqu’à l’amocher pour publier. Les sources d’apprentissage au niveau des lectures ne doivent pas se résumer à deux éléments soit le blogue d’une personne choisie qui écrit ce qui nous intéresse et le dictionnaire Larousse pour vérifier la signification des mots compliqués.

Il est important de garder un esprit ouvert pour éviter de dériver vers le plagiat. Voilà la citation d’un inconnu : «Pour écrire, il faut avoir assez souffert et assez lu». L’apprentissage, la réflexion, les échecs, c’est souffrant, car c’est demandant et un défi n’est pas toujours facile à relever.

La lecture, c’est important, on ne lit pas qu’un blogue pour devenir écrivain. On pousse sa recherche plus loin et on fait de soi-même une personne qui compte sur elle-même pour avancer et se réaliser dans son champ d’intérêt. On ne peut pas voler ou s’octroyer la réussite ou le succès de quelqu’un qui a compté sur lui-même pour se bâtir.

3- Pour réussir, il faut imiter frénétiquement un modèle : il serait question de devenir la copie conforme d’une personne choisie, jusqu’à en perdre sa propre identité (quel dommage) ou faire de soi-même une personne double qui reproduit mécaniquement ce que fait ou écrit l’autre. C’est parasiter la liberté de se réaliser de l’autre et s’annihiler en même temps que de procéder de cette manière.

4- La fin justifie les moyens : le besoin ne justifie pas toute stratégie mise au service d’un plan de réussite. Le lièvre va peut-être plus vite à la course que la tortue, mais s’arrête par vanité, la tortue continue, sa carapace la protège contre les intrusions et sa persévérance légendaire la mène au bout de son propre chemin.

Célébrer la créativité, c’est gagnant 

Produire du contenu intéressant, nouveau et singulier qui amène à découvrir une façon nouvelle de faire, sa créativité, est possible avec du travail et de la persévérance. On ne peut sauter les étapes et mettre en péril sa crédibilité en raison d’un empressement inutile, d’un travail volé, bâclé ou à moitié fait.

Encore une fois : «Pour écrire, il faut avoir assez souffert et assez lu» (citation d’inconnu). «Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent, les grandes œuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance/Great works are performed not by strength but by perseverance», Samuel Johnson.

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