Peurs et inquiétudes, paix et certitude

Woman

(Par Hella Ahmed) L’anxiété peut être gérée ou diminuée de différentes façons afin d’améliorer la qualité de vie de la personne qui montre des inquiétudes excessives reliées à des thèmes particuliers.

Souvent, s’éduquer et/ou éduquer la personne anxieuse quant à son état saura grandement aider à baisser l’intensité de l’anxiété, car mieux comprendre ce qui se passe en soi donne un sentiment de contrôle ou de cohérence qui baisse l’incertitude.

L’incertitude peut représenter la principale source d’angoisse chez certains, comme dans le cas où l’anxiété se généralise et que les moindres activités et interactions de la vie quotidienne plongent dans le cycle infernal du tourment, car leur bon déroulement ne semble pas garanti et cela inquiète. 

Commencer par la relaxation physique aide à court-circuiter les pensées intrusives, mais s’abandonner à la relaxation physique demande également une mobilisation mentale et ce fameux lâcher-prise qui semble souvent énigmatique. Si les peurs sont trop présentes, il est un peu difficile de basculer vers le lâcher-prise.

La restructuration cognitive et la régulation émotionnelle favorisent une réharmonisation intérieure avec la maîtrise de l’anxiété et des peurs irrationnelles. Cela se fait au fur et à mesure que l’on devient plus autonome dans la pratique de la refocalisation de soi vers une paix intérieure et une relaxation physique qui se passe tout naturellement conjointement. 

Pourquoi et comment avons-nous peur? 

C’est important de faire la part des choses entre le réel et l’imaginaire, bien que ce ne soit pas toujours facile, car des associations qui se font dans le cerveau à notre insu peuvent provoquer des craintes accablantes. Certaines personnes ne réalisent même pas à quel point elles s’inquiètent et comment cela affecte leurs comportements et leur ressenti.

Envahis par des inquiétudes, on ne jouit pas de l’énergie ou de la paix nécessaire à mettre des stratégies efficaces en place pour justement résoudre les problèmes réels qui motivent, au départ, les inquiétudes.

Quand un détecteur de fumée sonne sans arrêt, alors qu’il n’y a pas de fumée, c’est qu’il est « out of tune » pour assumer sa fonction de détection de fumée de façon appropriée, qu’il faut réparer quelque chose et remettre les piles. Quand le signal d’alerte au danger sonne trop souvent, bien que le danger ne soit pas réel, cela est le signe d’une fatigue mentale et d’un organisme qui s’épuise à être sans cesse en hyper-vigilance.

Dans le cas de l’état de stress post-traumatique (ÉSPT), des déclencheurs anodins peuvent susciter des peurs inattendues, par association (lire les visages de l’état de stress post-traumatique). Des personnes peuvent vivre des réactions similaires à celles de l’ÉSPT, ne sachant même pas que cela relève, au fond, d’un traumatisme dont elles n’ont pas conscience, ou même, dans des cas, d’un conflit émotionnel non résolu qu’elles auraient occulté volontairement ou involontairement.

Certaines inquiétudes sont réalistes, d’autres sont démesurées et peuvent mener jusqu’à la panique. Nous avons généralement recourt à des comportements d’évitement, comme la consommation, pour alléger les réactions anxieuses. Aussi, des mécanismes de neutralisation tels que les rituels et les comportements compensatoires, qui sont perçus comme des solutions efficaces vu leur effet calmant, ont des résultat néfastes à long terme.

Ces échappatoires maintiennent les inquiétudes sous la surface et ne permettent pas un traitement de fond au problème qui faciliterait le rétablissement et une meilleure qualité de vie s’inscrivant dans la durée.

« Les réactions physiques qui accompagnent la peur sont similaires à celles de l’anxiété lorsqu’on se trouve en état de panique. Ces réactions automatiques d’adaptation et de survie permettent de fuir ou de se battre pour se protéger quand le danger a été repéré, mais on peut aussi figer sur place quand l’intensité de la peur l’emporte.

On note des battements de cœur accélérés qui aident à alimenter en sang les gros muscles sollicités lors des mouvements nécessaires à la fuite ou au combat. La respiration devient rapide et le souffle court. Oxygéner   le corps l’aide à s’activer pour fuir devant le danger. Les extrémités fines sont moins sollicitées dans ces situations, elles deviennent plus froides.

L’engourdissement des pieds résulte de l’engorgement du sang dans les gros muscles comme les bras, les cuisses et les mollets. Ces muscles sont les plus sollicités dans les réactions de fuite ou de combat aux fins de survie. Les pupilles se dilatent, cela permet une vision plus large et une meilleure perception des issues possibles dans les situations d’urgence où avoir un focus n’est pas nécessaire » (passage sur les réactions physiques de la peur de l’article tiré de Du stress à l’anxiété, les formes de l’anxiété). 

Comment maitriser ses peurs et ses inquiétudes? 

La psychoéducation aide à faire prendre conscience de ce qui se passe quand l’anxiété prend le dessus et à  explorer avec la personne ce qui maintient les difficultés que les inquiétudes propulsent en partie dans sa vie.

Elle aide également à faire la distinction entre ce qui est réaliste et ce qui ne l’est pas, pour aller défaire des automatismes réactionnels non justifiés dans certaines situations et stopper un discours interne teinté de pensées intrusives, revenir à ce qui est plus authentique, dans le sens de plus sain.

Prenons l’exemple des enfants qui ont des peurs avant de se coucher, ils ont besoin d’être sécurisés de façon intelligente pour lâcher-prise et tomber dans les bras de Morphée.

Les parents ou l’entourage peuvent choisir l’option de raconter une histoire avec une chute qui calme les insécurités et les incertitudes. Dans ces histoires à faire un peu peur (ex. la sorcière qui amène les enfants dans sa maison en bonbons), il y a souvent de petites intrigues, des méchants, des animaux malins, mais les problèmes se résolvent à la fin et le mystère inquiétant se défait alors que le conte se raconte.

Pour l’adulte, la méthode est un peu similaire, pour la simple raison qu’affronter ses peurs baisse petit à petit l’intensité de sa réactivité jusqu’à désensibiliser. L’exposition à l’imagination est thérapeutiquement très efficace, elle permet à la personne d’explorer son inquiétude en profondeur ou de plonger dans le pire des scénarios, dans le but de s’habituer graduellement à faire face à l’anxiété que le récit des faits inquiétants suscite.

Il s’agit de répéter l’expérience de s’exposer au récit après l’avoir extériorisé (enregistré ou écrit) en le réécoutant ou en le relisant, autant de fois que nécessaire. C’est cela la désensibilisation. 

Le lâcher-prise et le repos 

La présence attentive et la méditation aident énormément à revenir vers soi pour se détacher du monde extérieur, sans le délaisser. Ainsi, les émotions et les inquiétudes qui sont liées à notre environnement et notre présence dans le monde, qui n’existeraient pas sans l’impulsion de notre environnement puisque nous en sommes les produits et la continuité, deviennent plus légères dans la conscience.

Sans se leurrer sur la vie en général, on apprend à vivre de façon plus éveillée et plus reposante durant ces moments de ressourcement, on se conditionne à prendre le virage du bien-être le plus souvent possible.

Le lâcher-prise se passe quand on vit le moment présent, quand on prend conscience de notre présence singulière dans ce mystérieux univers, en même temps que de notre impuissance face à l’inconnu. On accepte que l’on ne saura jamais tout et que la vie continue envers et contre tout.

C’est ce lâcher-prise qui plonge dans le sommeil quand le repos est nécessaire et met en état de recentrement quand il le faut. Pour le réaliser, nous avons besoin de réassurance, d’amour bienveillant, et de l’aide que l’on peut trouver auprès de soi-même en étant plus indulgent envers soi et l’autre, comme auprès de la nature qui revitalise de façon extraordinaire.

Nous avons besoin de savoir que même si la paix n’est pas éternelle, à chaque fois que l’on y accède, nous avons connu l’éternité et qu’y retourner est une question de pratique, d’amour de soi et de persévérance. Nous avons aussi besoin d’accueillir la grande vérité que la paix est accessible et d’intégrer que malgré toutes les incertitudes cette vérité restera une certitude.

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