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Le harcèlement névrotique : l’amour et la haine

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(Par Hella Ahmed) Le harcèlement névrotique et le harcèlement moral vont de paire, car la victime du harcèlement névrotique est inquiétée par l’obsession de la personne qui fait du harcèlement névrotique et peut finir par être traumatisée.

Être suivi, être constamment scruté, même traqué, être modélisé à outrance (quand on n’est pas une vedette) et donc menacé dans son individualité, c’est être harcelé moralement et vivre du stress nuisible.

Subir du harcèlement névrotique, c’est être parasité et craindre les potentiels comportements étranges de la personne qui manifeste un amour passionnel, soit imaginaire et naïf, ou plutôt un attachement malsain car hostile et potentiellement dangereux.

C’est aussi subir une attitude contrôlante et objectifiante en relation d’emprise. Vivre du harcèlement névrotique, c’est également être confronté au délire de personnalisation de quelqu’un et se trouver à être l’objet d’une rivalité obsessionnelle ou d’une fixation de rivalité pernicieuse.

La traque furtive 

Le harcèlement névrotique peut prendre la forme d’une traque furtive qui se manifeste physiquement et bien sûr virtuellement de nos jours, sur les réseaux sociaux.

Elle est physique quand le stalker se déplace pour épier la personne qui l’obsède en étant à proximité, qu’il s’invite à ses activités et/ou qu’il se fait une mission de suivre ses déplacements et d’observer ses contacts sociaux.

Dans ce sens, tout ce qui est rendu public comme information au sujet de la personne traquée, que l’information vienne directement d’elle ou d’une autre source, peut servir à nourrir les impulsions de la personne copycat et celles du stalker, soit ses fantasmes ou ses projections hostiles ainsi que ses manœuvres déconnectées de la réalité vécues comme amoureuses ou à l’opposé comme vengeresses par réaction au non amour ou à la barrière perçue comme empêchant la satisfaction du désir ou la réalisation du scénario amoureux.

La relation d’emprise : l’amour possessif et l’attachement malsain 

L’intrusion et l’objectivation se font aussi bien de façon franche et directe que détournée dans certaines relations abusives où les limites ne sont pas toujours claires pour le harceleur et pour sa victime, comme nous pouvons le constater dans les relations d’emprise où le consentement éclairé ne semble pas existant vu la nature malsaine de la relation qui dure dans le temps.

Dans les cas de l’amour possessif et hostile, comme dans les relations d’emprise, la personne qui se fixe par amour obsessionnel peut avoir une présence invasive dans la vie de sa victime ainsi que des comportements agressifs vis-à-vis d’elle.

Le harcèlement névrotique est lié à la possessivité et à la jalousie dans ce cas. Il peut également commencer à se manifester de la sorte après une rupture et exprimer un refus de la séparation.

Le harceleur ne considère pas sa cible comme une personne libre de ses choix et croit avoir le droit de la contrôler. Il la considère parfois même comme un objet qui lui appartient et refuse d’envisager qu’elle puisse ne pas répondre à ses demandes et ses attentes.

Le comportement de harcèlement névrotique en tant que comportement antisocial et/ou haineux et association obligée peut manifester une franche intention de malfaisance ou de vengeance après une rupture ou un refus de relation.

La personne qui se trouve à être continuellement sollicitée et/ou directement menacée en relation d’emprise vit énormément de stress et peut souffrir, à la longue, d’un épuisement psychologique aux conséquences dommageables pour sa santé mentale et physique qui ne l’aideront pas à trouver la force de s’ensortir et de commencer un nouveau chapitre.

Le délire amoureux et l’amour passionnel 

Le délire amoureux a pour fonction de protéger contre des émotions négatives difficiles à vivre liées à l’abandon, au rejet, à des carences affectives et des traumatismes complexes. Il peut impliquer plusieurs personnes identifiées comme étant importantes au niveau de ce qui se joue dans la quête de l’amour.

L’obsession de l’amour passionnel irréaliste est celle de l’amour imaginaire qui peut être un amour totalement fantasmé sur la base d’informations collectées dans l’environnement, comme un amour élaboré dans l’imaginaire à partir d’une expérience dans le réel ayant focalisé ou investi le désir, ou suscité un attachement non réaliste soit non proportionnel à ce qu’il aurait été normal d’espérer ou d’envisager après une ineraction relationnelle dans le réel lors d’une situation vécue ou perçue comme amoureuse.

Dans le cas de l’amour délirant, plutôt naïf, toute information concernant l’objet du délire amoureux servira à étoffer un scénario d’amour possible chez la personne qui se pense amoureuse, comme nous pouvons le voir avec certains stalkers de vedettes ou avec le stalking amoureux en général quand il n’est pas hostile.

Dans les cas d’une hostilité ressentie et agie en lien avec une passion amoureuse délirante déçue ou ayant été perçue comme étant menacée d’être empêchée, les informations serviront à nourrir une haine passionnelle suscitée par la frustration et un sentiment de rejet ou de persécution, soit une haine qui vient par réaction à la frustration que provoque la fin du déni quant à la possibilité et/ou la réalisation de l’amour idéalisé, ou comme réponse à la conviction de devoir agir coûte que coûte pour réaliser son désir.

C’est-à-dire que le délire, qui prend fin, ne remplissait plus sa fonction de protéger contre des émotions négatives liées à la déception ou au manque. Il peut alors être remplacé par un sentiment persécutoire (quand celui-ci n’est pas déjà présent au niveau du délire) soit un état amoureux fataliste marqué de ressentiments, d’un sentiment d’injustice ou de persécution et d’un possible besoin de réparation. La réparation serait alors réalisée par l’hostilité qui aurait pour fonction la prudence et la protection de ses intérêts personnels.

La personne déçue devient hypervigilante pour se protéger quand elle a été traumatisée par son face-à-face avec la réalité, ou que ce choc émotionnel a ravivé de vieux traumatismes pour la mettre en état de détresse. L’expérience du rejet ressenti peut provoquer un sentiment d’impuissance et raviver d’anciens micotraumatismes. Aussi, la détresse psychologique est réelle dans ce cas et peut avoir un effet pervers sur la condition physique de la personne.

Si le sentiment d’injustice est très important et que la personne déçue ou agitée se retrouve dans son imagination en position de victimisation, elle pourrait malheureusement considérer la vengeance comme moyen de réparation pour vaincre son sentiment d’impuissance. La vengeance pourrait impliquer aussi bien l’objet du désir que des personnes représentants des personnages signifiants en lien avec la situation, dans le schème de pensées de la personne perturbée.

L’effondrement et le acting out 

La réaction de la personne déçue face à la réalité, à la fin du déni, ne sera pas toujours, après coup, celle de l’acceptation paisible quant à l’impossibilité de la réalisation de son désir dirigé avec conviction vers une personne en particulier et tel que fantasmé.

Elle devra composer avec des émotions négatives difficiles à vivre que le délire servait à contourner. Si le acting out est dirigé contre soi après la fin du déni, à cause de la honte et de la culpabilité, il peut prendre la forme de la haine dirigée contre soi que l’on évite avec des réactions de fuite et des comportements à risque, ou de la haine dirigée contre soi que l’on agit avec de l’automutilation ou une tendance suicidaire.

La réaction pourrait aussi, dans un autre registre, prendre la forme d’un comportement antisocial, à des degrés différents, selon le cas (niveau de stress, historique personnelle, soutien social, psychologique et médical), si un sentiment de persécution s’installe jusqu’à une réaction défensive de protection et que l’impulsivité mène à un comportement délinquant en état d’intoxication ou de perte de contact avec la réalité

La personne déçue pourrait se mettre à imaginer une hostilité de la part de celui ou celle qui n’est pas disponible à la relation amoureuse et/ou son entourage immédiat, et, comme réparation, élaborer des plans pour se protéger qui pourront se manifester au travers d’un harcèlement névrotique, soit un staking.

Des jugements de valeur basés sur des croyances personnelles ou des propos haineux véhiculés dans les médias ou les médias sociaux quant à la façon de vivre de la personne qui a déçu le désir par son indisponibilité au plan amoureux dans le réel et dans l’imaginaire, et ses croyances, serviraient alors de carburant à l’hostilité de la personne déçue en justifiant des plans de traque et d’espionnage qui auraient pour but de nuire, souvent uniquement dans l’imaginaire, mais parfois malheureusement dans le réel aussi, à cette personne maintenant diabolisée (et possiblement son entourage par association).

Le acting out pourrait également se manifester de façon plus complexe et vaciller entre la haine dirigée contre soi (évitée ou agie) et contre l’Autre.

De l’imitation à la fixation pernicieuse du copycat hostile 

Quand sa rivalité est maladive et teintée de malhonnêteté dans le domaine des affaires et au niveau de la socialisation, la personne copycat imitera l’objet de son envie de façon abusive, sans penser aux conséquences de ses actes. Elle fera dans le plagiat et dans l’infiltration pour mimiquer son modèle et reproduire ce qu’il accomplit ou crée avec le plus de précision et de synchronisation possible.

Dans un autre cas, assez extrême et inquiétant, l’obsession peut être morbide et causer un harcèlement névrotique avec intentions hostiles. La copycat ne souhaite pas uniquement devenir la copie de l’objet de sa fixation mais plutôt l’annihiler pour prendre sa place. Elle ne considèrera pas son modèle comme un sujet libre et avec des droits, mais comme un objet à vampiriser et éliminer.

Elle fera dans l’effet miroir et dans les démarches de socialisation auprès des connaissances mêmes de sa cible pour s’infiltrer dans son monde, subtilement ternir sa réputation, et se faire valoir comme étant la version originale de toute activité professionnelle ou artistique dans laquelle celle-ci se serait démarquée et qui lui aurait valu de briller par sa productivité.

Dans ces situations particulières de rivalité obsessionnelle, la victime peut malheureusement subir des agressions directes de la part de la personne fixée qui veut la dévorer, soit la remplacer après l’avoir modélisée, inquiétée et menacée.

Quand les victimes font des démarches auprès de la justice pour stopper ces formes d’invasion morbides et parfois dangereuses, car elles peuvent déraper vers des actions dommageables et de la violence physique, les plaintes sont prises au sérieux, aussi bien du côté de la propriété intellectuelle qu’au niveau de la protection de l’intégrité physique et psychologique des personnes affectées. Aussi, les cas sévères de harcèlement névrotique sont soignés en psychiatrie dans des instituts spécialisés.

Dépôt légal – SARTEC 29235

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