La relation toxique et la relation d’emprise : le territoire et les enfants

hands-1246170_1920

(Par Hella Ahmed) Malheureusement, dire avec assurance et répétition que c’est fini en relation amoureuse toxique ne suffit pas à faire cesser une relation d’emprise. La personne qui s’impose dans la vie de l’autre, selon ses propres termes, de façon égoïste, et qui s’acharne, est convaincue d’avoir raison. Elle travaille à protéger son territoire même s’il s’agit en fait du territoire d’un autre qu’elle s’approprie par supposée redevance ou par franche violence.

Les femmes sont plus souvent que les hommes victimes d’une violence physique quand la possessivité est passionnelle ou qu’elle représente un trait de caractère chez une personne agressive de nature ou instable au niveau de son comportement à cause de son style de vie et ses choix réguliers. Une personne au tempérament violent verbalement  et dans le pire des cas physiquement également. 

Les hommes aussi peuvent être victimes de violences conjugales en relation hétérosexuelle, même si la violence physique est plus rare. La violence psychologique, le chantage émotionnel, et la mise en otage des enfants, sont plutôt les méthodes utilisées par les femmes lorsque l’emprise s’est installée (elles sont utilisées par les hommes également). L’emprise est une réalité qui existe dans les relations toxiques qui perdurent par refus de la séparation de l’un des partenaires.

Séparation : l’intimité forcée  

Dans les séparations, lorsque l’un se dit célibataire et l’autre encore très en relation, même lié par le mariage secret ou à venir, avec la personne qui se déclare ne plus être intéressée par la poursuite des rapports dans ce sens, il y a relation d’emprise. S’incruster, surveiller la vie de l’autre et manipuler les perceptions devient une occupation première pour la personne qui refuse de laisser le choisi en tant que partenaire commencer un nouveau chapitre qui s’inscrit dans le célibat, pour ouvrir la porte à la possibilité d’une nouvelle relation amoureuse. 

Ce n’est pas toujours qu’une question de rejet non toléré dans ces cas de refus de la séparation, c’est parfois aussi une question d’avidité financière et de recherche de prestige par association. Dans beaucoup de cas, on refuse de perdre des privilèges et possibilités à venir. C’est également une question d’orgueil et de hargne, refuser de voir l’ex offrir à une autre personne ce que l’on aurait voulu et ce que l’on souhaite encore obtenir en relation au plan sentimental et/ou matériel. 

Il arrive que des femmes vivent bien la séparation et passent à autre chose, mais lorsqu’elles se retrouvent à nouveau sans partenaire et que l’ex exprime avoir de l’intérêt pour une nouvelle personne, elles ressentent une forte jalousie. Une jalousie propulsée, en partie, par un besoin naturel de protection et la nostalgie de la famille unie, la famille qui a procréé. Elles reviennent alors dans le décor et refusent qu’il puisse retomber amoureux. Il se peut qu’elles installent, par la suite, un système d’emprise réalisable dans la durée quand il y a des enfants d’impliqués dans la situation.

En général, un homme possessif démontre cette attitude de façon stable, elle ne dépend pas des amours de l’ex conjointe quand ils n’empêchent pas que sa relation avec ses enfants continue tranquillement. C’est-à-dire que s’il a depuis un bon moment tourné la page et qu’il n’a pas présenté un comportement passionnel irrationnel à la séparation, il est peu probable que cela se produise par la suite, bien que tout soit possible évidemment et qu’un changement important de tempérament puisse survenir dans une phase particulière de la vie d’une personne ou suite à des événements marquants. 

Séparation et emprise : les enfants en otage

Quand il n’y a pas d’enfants en jeu, le jeu peut durer un moment, mais si l’homme souhaite vraiment la séparation, les pressions de la femme qui s’impose ne pourront pas durer de façon indéterminée. Si l’emprise est une forme de harcèlement, il aura des façons de se protéger. Le harcèlement névrotique est plus souvent ravageur quand la victime est une femme, comme nous pouvons le constater au niveau de la criminalité, avec le nombre de cas qui finissent très mal, soit avec des agressions physiques ou des assassinats.

Les enfants sont dans bien des cas pris en otage par les personnes qui décident de s’imposer dans la vie intime de l’autre qui ne désire plus être intime. Si l’homme ne veut pas en venir aux poursuites légales par crainte de perdre la garde de ses enfants, il doit alors se plier aux exigences de la personne qui ne tolère pas le changement. Il perd le contrôle de son territoire et subit à long terme la présence de la femme qui l’oblige à continuer à s’engager de façon toxique.

Des hommes pourraient ne pas toujours à propos avoir recours en justice à l’argument de l’aliénation parentale pour travailler à obtenir la garde des enfants. Des femmes se plaignent auprès d’organismes d’avoir été lésées et privées de leurs enfants après avoir osé accuser l’ex conjoint de violences physiques et/ou psychologiques. Des deux côtés, dans des situations malhonnêtes, les enfants peuvent malheureusement servir de moyen de pression, pour faire plier l’autre ou pour se venger de sa désobéissance, de son souhait de séparation ou ses sentiments pour une autre personne.

Séparation et emprise : ne pas encourager la toxicité

Le pire est de céder de temps à autre, de montrer sa faiblesse et de laisser gagner un épisode à la personne qui agresse par son intrusivité et ses manigances. C’est la renfoncer dans son comportement, lui concéder une victoire, lui montrer qu’à force de déranger et de s’imposer, on peut gagner du terrain, que son sytème fonctionne et qu’il peut durer toute la vie.

La personne qui a déjà exprimé qu’elle en avait sérieusement assez de la relation et qui cède sous la pression à l’occasion finit toujours par avoir un regain d’espoir en une vie amoureuse plus en accord avec ses besoins. Elle recommence à démontrer son rejet de façons directes et indirectes. Après s’être à nouveau soumise aux désirs et exigences de l’autre, elle reprend la parole et réclame son territoire. La petite guerre recommence à chaque fois, et c’est dans le cadre de cette relation toxique que les échanges s’installent dans la durée.

Malheureusement, les gens instables dans la façon de gérer leurs sentiments en contexte dit amoureux plutôt désastreux peuvent aussi sérieusement déranger d’autres personnes avec leurs problèmes de couple toxique, car à chaque changement de plan, ils agissent de façon à nouer des liens, ou à les renouer et à encore les briser avec d’autres personnes extérieures à leur dilemme relationnel, comme si elles n’étaient que des accessoires ou que leurs sentiments et besoins de stabilité n’avaient pas de valeur.

Leurs jalousies ou attitudes protectrices d’un territoire miné débordent sur les territoires des autres qui n’ont pas demandé à se retrouver impliqués dans des guéguerres toxiques qui ne les concernent pas et qui ne les intéressent pas forcément. Travailler à régler ses problèmes de couple toxique aide à voir plus clair dans ce qui est personnel et protège aussi les autres qui risquent d’être touchés par des complications dont l’impact va plus loin que chez soi quand il est question de relations et d’intentions amoureuses qui impliquent plusieurs personnes. 

Relation toxique ou relation d’emprise?

Il est plutôt étrange de voir des gens qui se disent séparés et dont les plaintes sont publiques l’un vis-à-vis de l’autre, de temps en temps agir comme si la relation en était une de plutôt normale, passer beaucoup de temps ensemble ainsi qu’en compagnie d’amis, et avoir des relations intimes. Ils finissent, à nouveau, quelque temps plus tard, par se montrer hostiles l’un envers l’autre. Aussi, la personne qui revendique depuis un moment déjà son statut de célibat se remet à clamer son identité et réclamer sa liberté dite parasitée par la personne qui refuse la séparation.

Une relation toxique n’est pas forcément une relation d’emprise. Certains couples connaissent très bien la rengaine, ils rejouent le même drame indéfiniment, mais ne tombent pas dans la franche violence destructrice et restent quand-même unis. Ils s’aiment de cette façon malsaine, ils restent ensemble longtemps, mais finissent quand-même par se lasser du scénario et se séparer réellement finalement, car la spécialité des couples toxiques est de dire se séparer pour se remettre ensemble peu de temps après.

Une relation d’emprise est forcément toxique, mais il n’y a que l’un des deux partenaires qui est réellement pris au piège, il y a donc victimisation. Il ne s’agit pas d’une relation toxique tumultueuse, mais plutôt d’une relation où il existe de la violence psychologique et/ou physique, c’est une relation qui brime la liberté de l’un à cause du contrôle, des exigences non justifiées et stratagèmes de l’autre qui considère le partenaire qui souhaite se désengager comme un objet ou comme une partie d’un territoire qu’il pense et dit lui appartenir à jamais.

 

* Si vous avez aimé ce dossier, visitez la page Facebook pour faire un like.

Copyright © Santé Mentalité inc. – Tous droits réservés -Aucune reprise de texte n’est tolérée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s