La neutralité est-elle toujours bienveillante ? – Histoire courte par l’écrivaine et essayiste Hella Ahmed, 19/10/2026 © Tous droits réservés

Fourberies d’une plagiaire qui se la raconte

(Par Hella Ahmed) Regardez-moi parler malhonnêtement d’intervention sensée pour protéger la parole des femmes qui s’expriment ou dérangent par leur liberté d’expression revendiquée comme droit légitime dans la sphère publique.

En réalité, je ne protège que mes copines et j’en rajoute un peu pour faire comme si j’étais concernée par le sort de toutes les femmes. Bref, je prends ma posture de Jeanne d’Arc du dimanche — un costume comme un autre, j’en ai toute une collection — afin de me protéger des ripostes de mon centre d’intérêt : l’écrivaine que j’ai plagiée et sabotée sans relâche durant cinq fétides années, comme vous le savez. Sans elle, je n’aurais jamais rien eu à écrire ni à radoter en tant que chroniqueuse pistonnée sans essence intellectuelle propre pour exister dans le monde des idées ou se faire remarquer.

On m’a donné l’occasion de chroniquer avec pour consigne de la mater et de l’absorber, vu que tout ce que j’avais présenté pour me vendre n’avait intéressé personne jusqu’à ce jour glorieux où l’on m’a contactée pour la copier et la rendre humble. J’allais donc travailler à conserver l’influence de ma pseudoscience préférée en exploitant quelqu’un. Quelle aubaine : usurper, profiter et se la raconter.

Des hommes ont pourtant fait des thèses percutantes sur la maladresse, l’inutilité et le caractère frauduleux de la psychanalyse : Karl Popper, Karl Kraus, Sartre, et plus récemment Van Rillaer, Borch-Jacobsen, Onfray… Vous ne m’avez jamais vue saloper leurs textes ni m’obséder sur eux comme une copycat stalker en crise, à retourner leurs écrits pour les faire taire, ce que j’ai fait avec elle.

Certains parmi eux sont décédés, comme vous le savez, je ne peux donc faire semblant d’entrer en dialogue avec eux en les harcelant. D’autres sont bien vivants, éloquents, et n’aiment effectivement pas le charabia psychanalytique. Mais je ne m’acharne pas sur eux : je ne me sens pas en position de les avaler. Ils ne sont pas dans mon patelin contrôlé par l’abus organisé qui s’est infiltré dans les communautés dont je me considère une des figures importantes.

C’est ce que j’ai fait avec celle que j’ai choisie comme souffre-douleur : simuler le dialogue et une prétendue position d’autorité. Je l’ai crue fragile, facile à vampiriser puis à casser. Elle m’a prouvé que j’étais la délirante incompétente qui avait sous-estimé la force de celle qu’elle voulait digérer, entourée de pédants venus civiliser les gens capables de s’exprimer librement. Tout le monde m’a vue plagier. Ont-ils été bienveillants envers ma victime en me laissant transgresser année après année ?

Est-ce bienveillant envers le public de laisser une personne aussi malhonnête que moi continuer à se faire passer pour une référence en santé dans un média public, alors que je suis une fraudeuse qui a démontré son côté malsain et malintentionné envers une femme indépendante qui a créé sa propre plateforme pour s’exprimer et exister en tant que penseuse. Je me suis violemment greffée à elle comme une tumeur sauvage quasiment indélogeable pour infuser mon venin proclamé salvateur, était-ce honnête et progressiste? Non.

Me voilà aujourd’hui, grande hypocrite que je suis, à jouer à la sainte avec une parole se parant d’un reste de crédibilité, tout en prétendant sauver la société de ce que je fais exactement : tuer la liberté d’expression d’une femme depuis 5 ans. Me voilà avec mes grands sabots à faire comme si elle ne m’avait jamais dérangée par ses compétences — que je n’ai pas — et sa capacité à créer sans avoir besoin de copier quelqu’un et de faire du rendre-dedans, de transgresser tout bonnement.

Je vous avais parlé d’une loop, n’est-ce pas ? Eh bien, je vous en refais la démonstration : je reprends ses mots, j’ajoute beaucoup de flafla, et je proclame que les insultes contre les femmes qui dérangent par leur présence littéraire ou leur engagement politique sont condamnables, et qu’il n’est pas bienveillant de rester neutre face à cette violence. Ma violence à moi, sournoise, qui s’est étalée sur une éternité, c’est autre chose, n’est-ce pas ?

Moi, je peux voler, saccager l’art de l’autre et garder le ton hautain de la pseudo-savante qui, au fond, ne sait rien. Je me la raconte, femme de politicien, mégalomane qui ne cessera jamais d’exiger que tout tourne autour d’elle.

Si la neutralité n’est pas bienveillante, pourquoi tous mes complices font-ils semblant d’être neutres face à mon obsession sordide vis-à-vis de cette femme d’affaires et de cœur, une littéraire singulière, qui ne me doit rien, et à qui je voue une adoration haineuse digne d’une folie à confiner pour justement protéger la liberté d’expression des femmes capables ? Nous sommes une clique solide qui se moque de la raison du public, des illusionnistes non doués qui tournent avec le vent pour trouver l’argent et vivre bien à l’aise, sans soucis.

Même lorsqu’elle a écrit un texte pour me qualifier d’ombre démoniaque qui la suivait, j’ai mélangé mon style vicieux au sien fluide et personnel, en y glissant des références à un autre de ses poèmes qui dénonçait mon vampirisme persistant avec elle comme cible unique, afin de pondre un texte nul et malaisant où je racontais avoir tué par erreur un chevreuil dans la nuit. Morale de l’histoire : faire croire que mes plagiats répétés n’étaient que de fâcheuses coïncidences, que ma fixation pathologique n’était pas réelle. Pourtant, j’ai continué à piller ses textes par la suite pour fabriquer ma contrefaçon commerciale sale.

Contrefaçon commerciale, oui : je me sers de ce qui n’est pas à moi pour produire ce qui rapporte des vues à l’institution qui me paie pour abuser en son nom. Association de malfaiteurs qui s’accroche de force à la propriété intellectuelle d’une personne avec qui elle n’a aucun lien ou contrat, juste pour l’instrumentaliser, la malmener, par concurrence déloyale et hargne d’envieux.

Quand elle a écrit un magnifique texte sur l’amour et la voix qui porte un prénom vers l’existence dans le monde de la reconnaissance, j’ai salopé ses images et ses formulations poétiques pour en faire une publicité meurtrière — assassine de la pureté de son texte lyrique — qui vendait une émission de radio de nuit. Son beau texte parlait de rêve et d’éveil dans le manque et la solitude face à la noirceur de l’envie, et mon coup de marketing pervers parlait d’encourager les insomniaques à rester éveillés afin qu’ils s’amusent jusqu’à l’aube en étant accompagnés de voix de radio de mon clan.

Vous voyez comment j’ai toujours procédé ? J’ai sans cesse voulu tuer sa beauté, ingurgiter son savoir sans la reconnaître ou la remercier puisque je voulais lui ressembler jusqu’à la remplacer, me coller à elle avec violence pour que tout se ramène à moi au lieu d’elle-même lorsqu’il s’agit pourtant de son propre univers, de son style unique très différent de mes tentatives de briller ennuyeuses et ratées.

Et je n’ai jamais caché, même avec ma supposée présomptueuse subtilité, que j’avais par contrat toute la liberté de travailler à l’exécuter et de la piller jusqu’au dernier souffle de magnificence et de créativité, par avidité sur fond de justification bidon : être en charge de sauver la psychanalyse et le droit de s’exprimer en son nom. Comme si ses pensées m’appartenaient et qu’il n’y avait qu’elle qui pensait différemment dans ce monde vaste peuplé de tant d’écrivains et écrivaines qui n’ont pas d’affinités avec moi et que je n’oserais agresser ainsi à répétition.

Je ne m’attaque pas à plein d’hommes. Juste à une femme. Celle dont je suis jalouse. Celle qui m’obsède parce que je n’ai rien à écrire sans elle et que ma poésie est « plate », si « plate », tout comme moi-même je le suis et le fus malgré jusqu’à maintenant ma supercherie élaborée qui m’a financièrement enrichie, mais visiblement appauvrie au niveau de l’esprit.

Elle m’a traitée de conne. C’est une insulte, n’est-ce pas ? Alors je dois jouer à la victime et attirer l’attention de mes complices du stratagème ayant toujours eu pour fin d’usurper une présence riche et de polluer son univers de création authentique en s’y agrippant. Pourtant je mérite ce qualificatif. J’use de toutes les fourberies pour maladroitement rivaliser et encaisser en prétendant sauver la société de ce que je fais exactement : tuer la liberté d’expression d’une femme. Du moins, c’est ma mission ratée, car elle ne cesse de me remettre à ma place d’intruse en divagation et elle n’a même pas besoin d’utiliser le loop freudien pour y arriver, car elle jouit d’un cerveau puissant qui me met face à moi-même constamment : une intruse sans façon qui se raconte qu’elle n’a pas encore appris sa leçon, afin de continuer à publier ses incohérences banalisées qui se mangent la queue.

Qui est neutre dans cette histoire ? Personne. Tout le monde est du côté de mon vice, qui rapporte plus que vous ne pouvez l’imaginer. Je vous laisse y penser… et me jalouser. Moi, je vais décorer ma maison de fraudeuse publique en attendant mon prochain chèque généreux de la société de la contrefaçon — cette fameuse maison où l’on ricane bêtement.

Lire : Mourir en hiver, c’est « plate », c’est pénible, c’est dégueulasse (La clique du « hors norme »), 17 Octobre 2026, Hella Ahmed.

Lire : Déblatérer sur les larmes et le désir (Délires d’une vicieuse pistonnée), 15 Octobre 2026, Hella Ahmed.

Lire : Le théâtre poussiéreux (Pseudo-missionnaire de la volonté du bien), 15 Octobre 2026, Hella Ahmed.

Lire : Ces voix humaines qui ne cherchent pas les problèmes (Le chapeau de la spiritualité). 05 Octobre 2026, Hella Ahmed.

Lire : Qui boit l’encre toxique (Parler de réparer quand on aime saccager), 05 Octobre 2026, Hella Ahmed.

Lire : La main tordue (Confession d’une Copycat Stalker), 25 Août 2026, Hella Ahmed.

Lire : Je t’écris du ventre de la connerie (Une sale histoire qui n’en finit plus), 13 Juillet 2026, Hella Ahmed.

Lire : L’ombre qui se nourrit de la lumière (La sangsue déguisée en victime), 01 Décembre 2025, Hella Ahmed.

Lire : Honorables divagations par un dimanche ordinaire! (Récit parodique (quasi-véridique), 16 Novembre 2024, Hella Ahmed.

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