Quand l’ouverture du cœur doit rencontrer des frontières

(Par Hella Ahmed) La question n’est pas si complexe si l’on prend comme point de départ de cette réflexion la racine du mal que l’on se fait à soi-même ou à l’autre. Car s’ennuyer ou être ennuyeux n’est pas par défaut nuisible, mais cela peut le devenir dans une certaine mesure.
La créativité pour entreprendre
Vous savez, ces personnes très différentes de vous… Si vous avez l’esprit ouvert, une curiosité pour la complexité et la diversité des visions, ce goût de la connaissance et de l’aventure, vous creusez pour apprendre et créer avec originalité. Vous portez ce souci de l’honneur qui naît avec l’intégrité envers vous-même.
Être privé de la liberté d’exercer vos dons et d’en récolter personnellement les bénéfices, quel ennui ce serait, n’est-ce pas ? Il y a l’ennui de ceux qui se ressourcent en changeant de cap pour voler haut sur leurs ailes, coûte que coûte, et il y a ceux qui, moins combatifs, peut-être, qui tombent dans l’impuissance et la résignation, jusqu’à parfois mourir de chagrin ou par autodestruction — une autodestruction qui masque la misère de l’ennui sous le voile de l’évitement.
Nous savons cependant que la créativité est le plus grand pourvoyeur des beaux retournements de situation. Ceux qui savent trouver la lumière dans la nature de l’univers ne peuvent abandonner leur vocation et leur identité. Ils sont entrepreneurs dans l’âme, apprennent à faire avec presque rien et trouvent le moyen de rebondir, malgré les difficultés et les hostilités de ceux qui ne savent pas aimer ni créer avec dignité, qui adorent se vanter de pouvoir tranquillement piller.
Une question de perception?
Il y a ces gens que l’on pourrait à tort qualifier de « plates », des personnes qui aiment leur petite routine, qui s’occupent de leurs affaires — des affaires ni extraordinaires ni spéciales, mais importantes, apaisantes et suffisantes pour elles. Tenir un emploi simple et l’exercer honnêtement, regarder des séries Netflix, faire des mots croisés, boire une bière sur le porche le regard dans le vide… Ils ne dérangent personne, leur vie les satisfait et ils cultivent de la gratitude pour toutes ces petites et grandes choses qui composent leur quotidien.
C’est une question de perception et de compatibilité. On peut ne pas être intéressé à les fréquenter sans pour autant les étiqueter de « plates », dès lors qu’on regarde les choses avec empathie et sans jugement biaisé par l’égocentrisme — sans faire de sa propre personnalité une référence absolue en matière de qualité de vie.
Pour une personne qui aime contempler, philosopher ou créer des œuvres originales, traverser les couches visibles et invisibles est un art de vivre. On utilise le télescope de l’esprit et l’on trouve l’émerveillement dans le plus grand comme dans le plus petit. L’aventure est celle de la découverte de soi et de l’autre à travers la création et l’expansion. Le voyage est un chemin ouvert sur tous les horizons. Une diva qui enchante le monde par sa voix et sa technique ne pourrait se satisfaire d’une existence faite de ragots et de mesquineries, par exemple.
Le « plate » agressant
Imaginez croire que médire l’émerveillement de l’autre, haïr son originalité ou briser son élan par jalousie et envie soit une occupation digne de ce nom ? Ce serait « plate », n’est-ce pas ? C’est précisément dans ces attitudes face à la différence que la platitude se révèle à la fois la compagne et la seule capacité de ceux qui n’éprouvent pas le besoin de s’occuper de leurs propres affaires avec intégrité, mais préfèrent envahir l’espace de l’autre, indifférent, pour s’imaginer réussir et prendre les devants.
Ils ne sont pas équipés pour une sincère soif de connaissance. Ils fouillent chez autrui parce qu’ils ignorent le sacré et l’authenticité de la passion pure — celle qui pousse les êtres lucides à mener et gagner la guerre contre la médiocrité, qui gagnent en s’élevant. Dès lors, il n’est pas toujours possible de s’attendrir devant les gens « bien plates » dont l’ennui détruit la beauté de ce qui vit de réel et de spirituel, comme de l’imaginaire fécond qui anime le divertissement et plante les graines de l’avenir. Le sadique ne connaît pas la joie de la connexion divine ; il ne sait approcher sans succomber au désir de dévorer ou de vandaliser pour posséder.
Le beau comme solution
Vous savez, ces gens qui ne respectent pas les limites d’autrui, qui vénèrent l’intrusion et pratiquent fréquemment le ricanement… Ils restent prisonniers de leur cynisme et de leurs patterns impossibles à briser. Vous aurez beau leur expliquer, jusqu’à vous en abîmer la santé, que leurs rituels de l’ombre sont agaçants et incompatibles avec votre prestance et bonté, ils persisteront dans la laideur.
Alors, acceptez leur incapacité à changer et à évoluer, ne gâchez pas votre énergie et surtout ne laissez pas leur toxicité vous rendre malade. Regardez ailleurs, ignorez la rengaine, tracez votre chemin vers la beauté du monde, créez des liens avec les humains capables de vous respecter et de vous faire du bien, ne serait-ce que par leur simple existence.
Choisir la qualité
Je peux m’attendrir devant aussi bien la simplicité authentique que la singularité percutante qui sait s’assumer avec raison. En revanche, m’attendrir devant le mal qui ne connaît pas son propre reflet ou qui s’exhibe dans un théâtre de l’exubérance pour séduire par le leurre, non. Ma propre nature, comme celle des plus belles créatures de l’univers, m’a appris à faire autrement. Elle me rappelle chaque jour que ma valeur ne se définit pas par les opinions des intrus, que les jaloux veulent que vous soyez jaloux d’eux alors qu’ils sont incapables de se débrouiller honnêtement, et que la santé et le bien-être passent par la volonté d’éviter le stress négatif de la « platitude agressante ».
N’attendez pas des autres qu’ils soient comme vous. Acceptez-les pour ce qu’ils sont et faites des choix sains à partir de là.
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Originalité et intelligence, ma marque est la compétence







