Narcissisme, vol de crédit et illusion de grandeur

(Par Hella Ahmed) Tout le monde peut occasionnellement surestimer sa contribution : c’est un biais égocentrique courant. Mais le schéma répétitif, sans scrupules et clairement au détriment d’autrui, pointe vers un profil narcissique, voire fortement égoïste. Ces personnes recherchent la reconnaissance et le statut ; le crédit volé nourrit leur image grandiose. Sans cela, elles n’emprunteraient pas ce chemin nébuleux, souvent difficile à repérer pour le grand public, influencé par les médias et un branding personnel façonné par des professionnels parfois bien malhonnêtes, plutôt dans le brouillard que dans la lumière.
Influence et stratégies
Ces dits professionnels du branding élaborent donc pour certains d’entre eux des stratégies assez tordues pour bâtir des architectures narratives sur mesure, destinées à des clients malveillants, prêts à s’approprier le dû des autres, à voler des vies pour gagner en visibilité et en argent.
Ils rencontrent inévitablement l’opposition et les ripostes de leurs victimes. Pourtant, ils trouvent progressivement des moyens fourbes de retourner la situation à leur avantage. Ils misent sur une « gestion de crise » : être payés pour créer le problème qui surgira à moyen ou long terme, puis être payés pour prétendument le résoudre, afin de persévérer sans être arrêtés. Le monde des affaires est sans pitié : beaucoup de gens n’ont pas de véritables valeurs. Ils font sans cesse semblant tout en dévorant les autres et en consolidant leurs monopoles financiers.

Profil psychologique principal
Ces comportements s’expliquent surtout par le narcissisme : une quête d’admiration par des moyens peu honorables pour flatter l’ego.
1. Besoin intense de validation
Il passe, pour certains, par la nécessité de prouver sa supériorité en pillant ceux qui sont plus capables qu’eux, comme si les qualités et les efforts pouvaient simplement être transférés.
L’appropriation reste une supercherie essentiellement virtuelle, même si elle rapporte matériellement. La substance vient d’ailleurs, et l’illusion peut être brisée à tout moment par de véritables professionnels de la gestion de crise, qui agissent du côté de la justice, des limites saines en affaires et de la reconnaissance méritée de ceux qui ont réellement créé et bâti leur univers professionnel ou artistique.
Ces personnes peu fréquentables voient les réussites des autres comme des opportunités de se valoriser, sans jamais s’interroger sur l’absurdité de la mise en scène. Elles attribuent les succès collectifs ou individuels à leurs propres capacités, efforts ou « vision », tout en minimisant ou en omettant les contributions réelles des gens de mérite qui n’ont exploité personne et qui ont construit par eux-mêmes.
2. Manque d’empathie et sentiment d’entitlement (droit acquis)
Elles n’ont aucun scrupule à s’approprier le travail d’autrui, se considérant naturellement méritantes ou indispensables. En psychologie, on parle de biais auto-servants : une tendance marquée à s’attribuer les réussites (facteurs internes) et à rejeter les échecs sur les autres ou les circonstances.
La belle version de l’histoire leur appartient ; elles voient tout à travers le prisme de leur narcissisme. Même dans un milieu professionnel collégial, elles s’attribuent le crédit des victoires d’équipe.
Leur capacité de manipulation et de repositionnement est spectaculaire : elles se présentent comme le « leader visionnaire », reformulent les idées des autres comme les leurs, ou prétendent avoir « inspiré » ou « guidé » la personne qui a réellement réussi.
Facteurs et nuances
Plusieurs éléments éclairent ce phénomène :
• L’insécurité sous-jacente : certaines personnes compensent un sentiment d’incompétence ou une estime de soi fragile. Elles s’accrochent désespérément aux réussites d’autrui (« achievement by proxy »), ce qui booste artificiellement leur valeur.
• Le statut et l’opportunisme : les personnes de statut élevé s’approprient plus facilement le crédit grâce aux attentes de compétence liées à leur position (phénomène de « status hoarding »). Certains privilégiés, toujours acclamés, parfois pour le minimum d’effort ou de réalisation, grâce à de puissantes machines promotionnelles, se permettent des stratagèmes malhonnêtes. Protégés par des apparences trompeuses, ils ont toujours le bon rôle à la fin et les retombées lucratives qui viennent avec le succès et l’admiration du public leur reviennent comme par droit divin.
• Les traits de personnalité : égotisme, besoin de contrôle, et parfois des éléments de la « dark triad » (narcissisme associé au machiavélisme). Il ne s’agit pas nécessairement d’un trouble de la personnalité narcissique diagnostiqué ; des scores élevés sur ces traits suffisent à dresser le portrait.
L’inverse du syndrome de l’imposteur n’a rien d’aimable
Avec le syndrome de l’imposteur, la personne minimise ses propres réussites et craint d’être « démasquée ». Ici, c’est l’inverse : la personne s’approprie activement le crédit d’autrui et s’acharne à protéger l’illusion de sa grandeur à tout prix.
Les apprécier semble possible si l’on ignore vraiment leurs méthodes ou si l’on reste naïf face aux rapports de force et d’argent. On peut aussi les admirer si l’on partage leurs valeurs (si l’on peut les qualifier comme telles) et que l’on trouve leur façon de procéder, peu reluisante, plutôt admirable dans un contexte social contraint à la sauvagerie et à l’hypocrisie : une méthode donc efficace pour prospérer dans les milieux malsains. Ou encore, on pourrait les accueillir par impuissance et soumission, face à une sphère de privilèges et de liberté d’être et de faire inaccessible au plus grand nombre, qui doit accepter un statut d’infériorité et baisser la tête devant l’injustice de puissants protégés.
Personnellement, c’est définitivement non. Je préfère le vrai « bon monde ».
Lire : Est-il vraiment possible de s’attendrir face aux gens égoïstes ? (Entre manipulation, illusion et blessures silencieuses), 28 Juin 2026, Hella Ahmed.
Lire : La société de la contrefaçon : fraude Intellectuelle et fausse représentation (Vandaliser les textes d’autrui pour délirer l’originalité et la connaissance), 25 Mai 2026, Hella Ahmed.
Lire : La délicatesse est-elle une qualité des hypocrites ? Entre sincérité pure et douceur factice, 3 Août 2026, Hella Ahmed.
Lire : Du déni simulé à l’arrogance assumée (Le jeu malsain décrypté : la clé pour se préserver), 21 Juillet 2026, Hella Ahmed.
Lire : Le côté sombre de l’obsession féminine et du sentiment d’entitlement (Survivre à la rivalité mesquine, vol de créativité, pillage intellectuel et féminisme de façade), 27 Juillet 2026, Hella Ahmed.
Hella Ahmed 2026 © All rights reserved – Find my books on Amazon






